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Coffret La guerre des robots
TOBOR THE GREAT
De Lee Sholem
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : A l’ère de la conquête spatiale, le Dr. Ralph Harrison (Charles Drake) démissionne de la Commission Interplanétaire Fédérale Civile, en refusant que des humains soient utilisés comme pilotes-cobayes, lors des tests de prototypes de fusées. Il est contacté par le Professeur Arnold Nordstrom (Taylor Holmes) qui lui propose de travailler avec lui sur Tobor, un robot destiné à aller dans l’espace. Un espion (Steven Geray) s’introduit dans la conférence de presse visant à présenter Tobor aux reporters. Après une tentative infructueuse de voler les plans de conception de Tobor, l’espion et ses complices enlèvent Nordstrom et son petit-fils Brian (Billy Chapin). Tobor pourra-t-il les tirer de cette fâcheuse posture ?



POINT DE VUE

Charles DrakeDécembre 2016 marque la sortie par Artus Films du coffret La guerre des robots. L’un des DVD contient Le maître du monde (Lee Sholem, 1954) et The Creation of the Humanoids (Wesley Barry, 1962), tandis que sur l’autre se trouve Target Earth (Sherman A. Rose, 1954) et Cyborg 2087 (Franklin Adreon, 1966).

Le maître du monde, dont nous préférerons de loin le titre original moins grandiloquent et mensonger Tobor the Great est réalisé par un habitué des séries B, ayant commencé sa carrière avec deux films d’aventure mettant en vedette Lex Barker : Tarzan et la fontaine magique (1949) et Tarzan et la belle esclave (1950). Réputé pour sa rapidité, Lee Sholem a également mis en scène une aventure de Superman avec George Reeves, dont le titre fait rêver : Superman et les nains de l’enfer (1951). Gentiment désuet, son film de Science-Fiction Tobor the Great est très ancré dans les années 50, un temps où le thème de la conquête de l’espace était très en vogue et où pesait la Chappe de la guerre froide. A ce sujet, on constate que les espions en voulant aux plans de construction de Tobor ont manifestement des accents soviétiques et sont dépeints de façon particulièrement abjecte. Jugez plutôt : afin de convaincre le vieux professeur de livrer ses secrets, les scélérats sont prêts à torturer son neveu de 11 ans avec un chalumeau braqué sur son dos ! On constate aussi que le scénario n’est pas tendre avec les journalistes, l’arrogant reporter Gilligan (Alan Reynolds), représentant une presse à sensation forte, peu soucieuse de la sécurité du pays.

Contrôlé par une télécommande ou pouvant se mouvoir de façon autonome, en étant en contact télépathique avec son concepteur, Tobor (le mot Robot à l’envers), fait partie des robots incarnés par des comédiens dans un costume, qui fleuriront dans le cinéma d’après-guerre, parallèlement aux films de monstres ayant également recours à des déguisements, comme Godzilla (Ishirô Honda, 1954), sorti la même année. Pas très charismatique, Tobor se situe entre deux créatures robotisées plus marquantes, en suivant de près le géant métallique en slip Gort, tout aussi muet que lui, dans Le jour où la terre s’arrêta (Robert Wise, 1951), mais en précédant le plus illustre de tous, Robby le robot de Planète interdite (Fred M. Wilcox, 1956), qui avait en plus l’avantage de parler.

Billy ChapinUn an avant le long-métrage de Sholem, Tobor était apparu, en méchant avant de s’amender, dans la série Captain Video and His Video Rangers (1949-1955). Dans Tobor the Great, il est présenté comme une figure positive, capable de percevoir les réactions humaines à son égard. Il lui arrive aussi de surchauffer, notamment lors d’une scène intéressante parce qu’elle montre une sorte d’ancêtre des jeux vidéo d’arcade développés dans les années 70. Tobor doit passer une série de tests pour évaluer ses aptitudes à piloter dans l’espace. Il se retrouve devant un écran projetant des météorites en feu qu’il doit éviter avec des manettes, comme une sorte de Space Invaders avant l’heure, chapeau au scénariste Philip MacDonald pour sa vision du futur ! Incapable d’éviter tous les obstacles sur l’écran, Tobor mauvais joueur se met littéralement à péter un plomb et manque d’attaquer ses créateurs !

La distribution est dominée par Charles Drake, second rôle dans une multitude de films comme Winchester 73 (Anthony Mann, 1950) ou Le météore de la nuit (Jack Arnold, 1953). Il incarne ici le scientifique bien sous tous rapports, assistant le vieil inventeur de Tobor et qui, on s’en doute, finira par en épouser la fille Janice (Karin Booth), devenue veuve pendant la guerre de Corée. On remarque aussi Billy Chapin, jouant sans nous crisper Brian, le jeune fils de Janice, tout aussi doué que son grand-père pour l’électronique. Chapin sera un an plus tard l’infortuné gamin pourchassé avec sa sœur par un Robert Mitchum fou à lier dans La nuit du chasseur (Charles Laughton, 1955). Ce chenapan de Brian bénéficie manifestement d’une éducation très permissive, puisque malgré l’interdiction de son grand-père, il aura la curiosité de pénétrer dans son laboratoire secret, pour activer un Tobor qui aura le temps de semer le « Tobor-del » dans la maison, avant de regagner sa tanière, comme si de rien n’était. Au lieu de morigéner son petit-fils, Nordstrom sera admiratif de la rapidité avec laquelle le galopin a pu comprendre le fonctionnement de la télécommande du robot !

ToborMalheureusement pour lui, Tobor n’aura pas la même renommée que Robby le robot. Après Tobor the Great, la tentative de lancer une série dont il aurait été le héros se limitera à un épisode pilote de 26 minutes, Here Comes Tobor (Duke Goldstone, 1957). Faisant fi de continuité, Tobor sera cette-fois créé par un professeur en fauteuil roulant, ayant un fils de 7 ans surdoué.

IMAGE ET SON

L’image est correcte, sans plus, du fait d’un manque de profondeur et de la présence de nombreuses poussières. Le DVD contient la version originale anglaise avec des sous-titres français amovibles, ainsi que la version française d’époque. Cette dernière, dont le son est plus clair que celui de la VO assez étouffé, permet notamment d’entendre René Arrieu sur Charles Drake, tandis que l’on reconnaît sans mal Roger Rudel sur le narrateur en voix-off au début.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Précision sur une autre édition du film existante : en 2013 en Espagne, Atelier 13 avait sorti le film en DVD en anglais avec des sous-titres espagnols et français. En guise de supplément de choix, le court-métrage Here Comes Tobor.

Diaporama (durée : 2’24’’)

Film-annonce de Le maître du monde en version originale anglaise (durée : 1’39’’)

Livret de 12 pages « Alerte aux robots ! »
Sous-titré Le robot au cœur de l’âge d‘or de la SF cinématographique américaine, ce livret fait un petit exposé sur les origines des robots avant d’aborder leur présence dans le cinéma des années 30 à 60. Nous soupçonnons (peut-être à tort) que son auteur, se cachant sous le pseudonyme Pr Brave Ghoul, n’est autre qu’Alain Petit. En effet, on retrouve page 8 le terme « une palanquée » si cher à celui-ci.

4 Lobby Cards
Une Lobby Card pour chaque film du coffret La guerre des robots



 


Titre original : Tobor the Great
Titre français : Le maître du monde
Réalisateur : Lee Sholem
Acteurs : Karin Booth, Billy Chapin, Charles Drake, Taylor Holmes
Durée : 73’38’’
Suppléments : diaporama, film-annonce, livret de 12 pages
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1954
Format image : 1.37:1, noir et blanc
Langues : anglais, français
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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