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Coffret La guerre des robots
TARGET EARTH
De Sherman A. Rose
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Des robots belliqueux venus d’une autre planète ont envahi Chicago. La ville a été désertée, mais quelques personnes ne sont pas enfuies à temps. Alors qu’elles cherchent à échapper à la menace extra-terrestre, des militaires et des scientifiques s’efforcent de trouver un moyen d’éradiquer l’ennemi en métal.



POINT DE VUE

Kathleen CrowleyDécembre 2016 marque la sortie par Artus Films du coffret La guerre des robots. L’un des DVD contient Le maître du monde (Lee Sholem, 1954) et The Creation of the Humanoids (Wesley Barry, 1962), tandis que sur l’autre se trouve Target Earth (Sherman A. Rose, 1954) et Cyborg 2087 (Franklin Adreon, 1966).

Premier des 3 films réalisés par Sherman A. Rose, à la longue carrière en tant que monteur, notamment de Femme de feu (André De Toth, 1947), Target Earth démarre en faisant penser à l’ambiance de la série fantastique de Rod Serling La quatrième dimension (1959-1964). Comme le militaire de l’épisode Where Is Everybody ? (Robert Stevens, 1959) et le couple querelleur de Stopover in a Quiet Town (Ron Winston, 1964), Nora King (Kathleen Crowley) se réveille dans une ville inexplicablement déserte, mais contrairement à eux, elle réalise très rapidement que les rues ne sont pas si vides, puisque peuplées par quelques cadavres.

Ne s’avérant finalement pas l’unique survivante, Nora rencontre Frank Brooks (Richard Denning), puis un couple plus âgé, Jim Wilson (Richard Reeves) et Vicki Harris (Virginia Grey). Le petit groupe se retrouve coincé dans la ville, sillonnée par des robots extraterrestres (en fait il n’y en a qu’un seul, budget étriqué oblige), aucun de ses membres n’ayant eu vent de la menace et n’ayant pu être évacué durant la nuit comme le reste de la population. En effet Nora avait pris des médicaments pour se suicider, Frank avait été assommé pour être délesté de son portefeuille, tandis que Jim et Vicki avaient passé la soirée abrutis par les vapeurs de l’alcool.

Richard DenningLe film adopte ensuite un montage alterné. D’un côté, des séquences montrant Nora et ses amis essayant de survivre, en évitant non seulement la confrontation avec les robots, lanceurs de rayons mortels, mais aussi le danger représenté par Davis (Robert Roark), un psychopathe muni d’une arme à feu. De l’autre, des militaires et des scientifiques, à l’extérieur du périmètre infecté par l’invasion, cherchant à neutraliser des machines paraissant indestructibles et manifestement envoyées par des extraterrestres pour évaluer la possibilité d’une attaque de plus grande envergure.

Malgré une durée relativement courte, Target Earth souffre malheureusement d’un rythme guère nerveux et d’un robot assez ridicule ; l’acteur Steve Calvert, spécialisé dans les rôles de gorilles, revêtant ici une tenue évoquant les déguisements en carton, faits maison pour les fêtes d’anniversaire ou les bals masqués (ohé ohé) ! Prévisible quant au sort de ses personnages, le métrage est nettement moins bien ficelé que The Earth Dies Screaming (Terence Fisher, 1964), production anglaise sortie quelques années après.  !Spoiler ! Les deux œuvres partagent une intrigue similaire, avec des robots venus d’une autre planète voulant nous éliminer. Ils se terminent également par une solution assez proche, pour endiguer le ravage de l’espace. Dans Target Earth, les scientifiques prennent conscience que les robots ne supportent pas les radiations sonores qui détruisent leurs tubes cathodiques. Les militaires sont alors envoyés en ville avec un diffuseur pour régler le problème ; une solution d’ailleurs parodiée dans Mars Attacks ! (Tim Burton, 1996) à grands coups de Yodel dans les oreilles des envahisseurs. Dans The Earth Dies Screaming, un pilote comprend que les robots sont téléguidés par des extraterrestres, il convient donc de couper la transmission en détruisant l’émetteur implanté dans les environs de la zone de combat. Mais le film de Fisher a quelque chose en plus qui fait toute la différence, pour la bonne raison que les robots grossissent leurs rangs en transformant leurs victimes en zombies, ce qui donne un aspect « mélange des genres » à l’ensemble loin d’être déplaisant.