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The Naked Hills
LES COLLINES NUES
De Josef Shaftel
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : En 1849, en pleine ruée vers l’or, Tracy Powell (David Wayne) part tenter sa chance en Californie, avec son ami Bert Killian (Denver Pyle). Alors que Bert reste dans le droit chemin, Tracy, avide de réussir, s’acoquine avec les malhonnêtes Willis Haver (Jim Backus) et Sam Wilkins (Keenan Wynn). Mais dégoûté par leurs méthodes consistant à s’accaparer l’or des autres par la force, Tracy décide de les quitter pour prospecter seul. Il rencontre Julie (Marcia Henderson) qu’il épouse en tentant de refaire sa vie comme fermier. Mais la folie de l’or le reprenant, il ne peut s’empêcher de quitter sa femme enceinte pour repartir à l’aventure, avec l’espoir de revenir riche auprès d’elle.



POINT DE VUE

David WayneJosef Shaftel a surtout exercé le métier de producteur, notamment de la série Les incorruptibles (1959-1963). Il s’est aussi essayé deux fois à la réalisation avec No Place to Hide (1955), puis Les collines nues, dont il signe également le scénario et la production. L’affiche est trompeuse, en faisant croire que le film est un western trépidant avec jeune femme en détresse et promesse de fusillades. En réalité, Les collines nues est davantage une fable sur les quatre âges de la vie. Interprétée par James Barton, l’un des acteurs du métrage, « The Four Seasons », la chanson du générique de début éclaire sur ce que sera l’histoire du personnage principal, avec notamment ces paroles : « You have four seasons to make your dreams come true, a man’s lifetime has four seasons, that’s all God gives to you… » (« Tu as quatre saisons pour réaliser tes rêves, la vie d’un homme a quatre saisons, c’est tout ce que Dieu t’accorde »).

Sous forme de parabole sur la vanité de l’existence, Tracy Powell est ainsi vu durant lesdites quatre saisons de sa vie. Au printemps de son existence, âgé de 20 ans, il se lance dans la prospection d’or. L’été de sa vie, le montre à 30 ans, lorsqu’il tente de se ranger en épousant Lucie, avant de repartir chercher de l’or. L’automne équivaut à ses 40 ans, lorsqu’il revient en ville en pensant avoir fait fortune avec un filon, avant qu’un coup du sort ne le remettre sur la paille. Enfin, l’hiver le présente à 60 ans, en vieillard qui est passé à côté du bonheur, en n’ayant jamais vécu avec sa femme et sans avoir vu leur enfant grandir.

James BartonTracy est présenté comme un monomaniaque, obsédé par la recherche de l’or qu’il fait passer avant tout. Il se rapproche en cela de Mike McComb (Errol Flynn) dans La rivière d’argent (Raoul Walsh, 1948), qui sacrifie l’essentiel en étant aveuglé par sa soif de réussite sociale.  !Spoiler ! Mais Mike s’avèrera plus intelligent que Tracy, en prenant conscience à temps que son couple importe plus que l’argent, tandis que la quête autodestructrice de Tracy ne sera empêchée que par l’arrivée de la vieillesse. Les collines nues évoque aussi Peer Gynt, le poème dramatique du norvégien Henrik Ibsen, transposé au théâtre à partir de 1876. Tracy Powell, comme Peer Gynt, part à l’aventure sans se soucier des autres, avant de rentrer au pays une fois devenu vieux, en réalisant alors qu’une femme n’a jamais cessé de penser à lui. Le titre d’une chanson écrite par Pierre Billon pour Johnny Hallyday résumerait bien le parcours de Tracy : « J’ai oublié de vivre. »

Le gros point noir de Les collines nues, c’est le fait que David Wayne est censé incarner son personnage sur 40 années. Agé de 42 ans au moment du tournage, Wayne n’arrive certainement pas à nous faire croire qu’il a 20 ans lors des scènes se déroulant en 1849 ! En revanche, il se révèle bien plus crédible lorsque Tracy atteint la trentaine. Il est également convaincant en vieil homme, son maquillage, en évitant la surcharge, permet de parfaire l’illusion du poids des ans. Jim Backus, dans la peau de Willis Haver, compose un individu vraiment méphistophélique, un homme sans scrupules pour s’enrichir, incitant Tracy à sombrer du côté obscur en lui présentant la brute Sam Wilkins, qu’interprète le vétéran Keenan Wynn. A l’opposé, Denver Pyle et Marcia Henderson, jouant respectivement l’ami fidèle Bert Killian et Julie l’épouse malheureuse de Tracy, représentent la voix de la raison, s’efforçant constamment de détourner Tracy de son obsession. Le vieux chercheur d’or Jimmo McCann, campé par James Barton, est le personnage rattachant le plus Les collines nues au western, en étant l’old-timer truculent ayant sa place aux côtés de ceux si souvent immortalisés par des acteurs comme Walter Brennan ou George ’Gabby’ Hayes.

Marcia HendersonCe qui frappe surtout dans Les collines nues, c’est cette mise à mal du rêve américain. Loin des belles histoires d’ascension sociales dépeignant un personnage arrivant à triompher de l’adversité, ce long-métrage modeste nous présente un perdant incapable de se remettre en cause. Tracy Powell est une sorte de drogué, proche du Frankie Machine (Frank Sinatra) de L’homme au bras d’or (Otto Preminger, 1955). Quand on connait l’état d’esprit américain, si attaché à la réussite, cela surprend d’entendre Julie dire à son mari effondré d’apprendre que sa mine aurifère ne vaut rien : « il n’y a pas de honte à échouer. »

IMAGE ET SON

L’image en couleur est plutôt satisfaisante, bien que la définition ne soit pas d’une grande finesse. Le film n’ayant jamais été doublé, seule la version originale sous-titrée est disponible. Les sous-titres sont amovibles.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Diaporama (durée : 1’24’’)

Films-annonces de la collection Western
L’ultime chevauchée en version originale anglaise (durée : 2’15’’)
La vallée du solitaire en version originale anglaise (durée : 1’26’’)
Les collines nues en version originale anglaise (durée : 0’50’’)
Le trésor des collines rouges en version sans paroles (durée : 0’58’’)
Les cavaliers du crépuscule en version originale anglaise (durée : 1’29’’)



 


Titre original : The Naked Hills
Titre français : Les collines nues
Réalisateur : Josef Shaftel
Acteurs : Jim Backus, James Barton, Marcia Henderson, Denver Pyle, David Wayne, Keenan Wynn
Durée : 69’56’’
Suppléments : bandes-annonces, diaporama
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1956
Format image : 1.37:1, couleur
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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