Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

Sundown
CRÉPUSCULE
De Henry Hathaway
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Au Kenya, pendant la Seconde Guerre Mondiale, William Crawford (Bruce Cabot) commande la garnison anglaise. Il découvre que les nazis arment secrètement les tribus indigènes qui fomentent une prise de pouvoir. Pour déjouer ce complot, Crawford sera aidé par le Commandant Coombes (George Sanders) et surtout Zia (Gene Tierney), belle métisse à la tête d’un réseau de commerces couvrant toute l’Afrique.



POINT DE VUE

George SandersCrépuscule est considéré comme un film mineur de Henry Hathaway, solide réalisateur à qui l’on doit notamment Les trois lanciers du Bengale (1935), Le carrefour de la mort (1947), Le jardin du diable (1954) et 100 dollars pour un shérif (1969). Sans être un vrai classique du cinéma, dépourvu du souffle épique d’aventures militaires comme Gunga Din (1939) ou Zoulou (1964), il est pourtant paré de bien des atouts. Relatant les aventures d’un chef de poste anglais en Afrique, le long-métrage est intéressant en ce qu’il donne le point de vue des Etats-Unis sur la Seconde Guerre Mondiale, tout de suite avant qu’ils soient engagés dans le conflit, une fois que l’Allemagne et l’Italie leur déclareront la guerre le 11 septembre 1941. Il sortira d’ailleurs dans son pays d’origine le 31 octobre 1941, un mois après le début des hostilités.

Scénarisé par l’anglais Barré Lyndon, Crépuscule reflète bien évidemment la sympathie des Américains envers le combat des Alliés contre les forces de l’Axe. Mais fort curieusement, il contient un personnage positif de soldat italien, Pallini (Joseph Calleia), qui, dégoûté par la guerre, s’est rendu aux Anglais avant de sympathiser avec eux. C’est à lui que revient d’exposer une analyse notable de la stratégie militaire des Allemands : « Partout où il y a de l’eau, ils fuient et l’Afrique leur sert de pont. Voilà pourquoi ils n’ont pas de marine, ils parcourent les océans par voie de terre. Si vous perdez l’Afrique, plus rien ne les arrêtera. » Les Allemands et Hitler ne sont jamais cités nommément, mais le message est clair…

Gene TierneyCrépuscule bénéficie de la présence marquante de la charmante Gene Tierney, à l’orée de sa carrière. Elle se retrouve en tête de générique, quoique son rôle soit sensiblement moins conséquent que ceux de Bruce Cabot et George Sanders. En contrat avec la Twentieth Century Fox, mais « prêtée » à United Artists le temps de Crépuscule et The Shanghai Gesture, Gene Tierney a tout d’abord été un peu cantonnée à des rôles exotiques pas forcément valorisants. Dans son ouvrage Gene Tierney (éditions Pygmalion – Gérard Watelet, 1979), Marceau Devillers nous apprend à ce sujet que les services publicitaires de la Fox iront « même jusqu’à mentionner sur sa fiche biographique qu’elle est née à Shanghai afin de renforcer le côté ‘Beauté du soleil’ de l’interprète de Shanghai Gesture. » En vérité, elle était native de Brooklyn à New York ! Dans le film de Hathaway, elle est censée incarner une métisse de père arabe et de mère française, avant que l’on apprenne que son père était en fait un Anglais ami du négociant arabe qui l’a élevée. Ce retournement s’explique certainement par la nécessité de justifier la romance entre son personnage et celui de Cabot, la société des années 40 acceptant mal la mixité dans le couple au cinéma. Dans La pagode en flammes (1942), pour lequel elle se retrouvera dirigée par Hathaway, elle campera cette-fois une jeune Chinoise. Il lui faudra attendre Le ciel peut attendre (1943) et Laura (1944) pour enfin s’éloigner définitivement de l’exotisme.

Bruce Cabot, dans la peau de William Crawford, le chef de poste connaissant bien la région dont il est responsable, est assez convaincant, mais il faut bien reconnaitre qu’il est loin du charisme d’un Gary Cooper ou Errol Flynn. Plus étonnant est George Sanders incarnant le Commandant venu prêter main-forte à Cabot au moment où gronde un soulèvement des tribus Shenzis. Avant de devenir l’archétype du dandy cynique et misanthrope, en particulier dans L’aventure de Madame Muir (1947) et Eve (1950), on oublie facilement qu’il lui est arrivé de jouer des individus plus reluisants, tels Simon Templar, Le Saint (entre 1939 et 1941) et Gay Lawrence, Le Faucon (entre 1941 et 1942). Dans Crépuscule, on craint tout d’abord que le Commandant Coombes ne soit qu’une caricature de militaire rigide seulement là pour s’opposer au bons sens de Crawford. Mais il s’avèrera finalement un allié héroïque. Toutefois, une trace de racisme ternira tout de même son image, puisqu’invitant Zia à diner un soir avec les officiers du camp anglais, il aura prévu une table pour les Anglais… et une autre bien éloignée pour Zia et ses employés arabes ! Crawford quant à lui, ne se fera pas prier pour s’asseoir auprès de Zia.

Dorothy DandridgeOn remarque dans Crépuscule un effort de ne pas présenter de façon caricaturale les Africains, avec en particulier le valeureux Kipsang (Emmett Smith), le guerrier Masaï aux ordres de Crawford. Même si le discours de Coombes comparant la mission de Crawford au Kenya à celle d’un prêtre devant s’occuper de sa paroisse a un côté paternaliste et sentencieux pas très inspiré. Dans des rôles muets, on peut reconnaître Woody Strode en policier escortant le trafiquant d’armes Abdi Hammud (Marc Lawrence), ainsi que Dorothy Dandridge en promise de Kipsang. La jeune femme jouée par Dandridge a deux prétendants, un barbon fortuné et le soldat Kipsang, jeune et désargenté. Crawford, en tant que chef de poste, est appelé à trancher sur la demande de Kipsang de se marier et l’accepte. Mais un retournement de situation (la mort de Kipsang) donne lieu à une scène muette habilement amenée. Les funérailles militaires de Kipsang ont lieu en la présence de Dandridge… et la camera fait un gros plan sur le barbon présent lui-aussi, se réjouissant en silence d’avoir dorénavant le champ libre ! Enfin, s’agissant de l’identité de l’espion nazi fournissant des armes aux peuplades kenyanes au cœur de l’intrigue, elle n’est pas trop difficile à deviner, il suffit de voir apparaître à l’écran un individu trop aimable pour être honnête pour comprendre que c’est lui le scélérat !

IMAGE ET SON

L’image en noir et blanc présente assez peu de traces d’usure. Elle n’a pas non plus le côté flou de nombreuses copies de films anciens. Quant au son, il est clair, sans souffle le parasitant.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Diaporama (durée : 2’48’’)

Films-annonces de la collection hollywoodienne
Le tueur de Boston en version originale anglaise (durée : 2’07’’)
Le pénitencier du Colorado en version française (durée : 1’48’’)
L’île des pêchés oubliés en version française (durée : 1’29’’)
Le pirate de Capri en version française (durée : 1’16’’)
Crépuscule en version originale anglaise (durée : 1’32’’)



 


Titre original : Sundown
Titre français : Crépuscule
Réalisateur : Henry Hathaway
Acteurs : Bruce Cabot, Joseph Calleia, Carl Esmond, George Sanders, Gene Tierney
Durée : 84’32’’
Suppléments : bandes-annonces, diaporama
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1941
Format image : 1.37:1, noir et blanc
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

Acheter ce livre ou DVD sur le site : Amazon
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Fnac
Acheter ce livre ou DVD sur le site : PriceMinister