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Liliane Patrick (c) La Gazette du doublage
LILIANE PATRICK

Entretien réalisé
le 25 février 2017
par François JUSTAMAND
assisté de Marie-Anne GARROUTY

Un grand remerciement
à Marc BOISSOL


Liliane Patrick a commencé son parcours artistique par la danse. A 16 ans, elle fait ses débuts au théâtre dans la compagnie du Grenier de Toulouse. Au cinéma, elle a joué aux côtés de Fernandel, Daniel Gélin, Charles Boyer ou encore Vittorio de Sica. Au théâtre, elle côtoie Raymond Gérôme, Georges Descrières, Robert Lamoureux...
Côté cœur, elle épouse en 1965 le réalisateur Claude Boissol (Les Globes Trotteurs, Le commissaire Moulin...), puis en 1968, elle devient la compagne du chanteur/acteur Mouloudji jusqu’au décès de l’artiste en 1994.
Dès les années 60, Liliane Patrick s’essaie au doublage. Elle prête sa voix ponctuellement à Audrey Hepburn et à Elizabeth Montgomery. Par la suite, on va l’entendre sur la mère de Bambi puis dans de nombreuses séries et "soaps" tels que Les Feux de l’amour et Amour, Gloire et beauté.



La Gazette du doublage : Quel parcours avez-vous suivi pour devenir comédienne ?

Liliane Patrick : Ma mère était chanteuse au Capitol de Toulouse, ainsi que mon oncle. Moi j’ai fait mes classes dans la danse comme petit rat. La première fois que j’ai dansé au Capitol j’avais 6 ans. C’était pour une danse folklorique. A cette occasion, j’ai même perdu mon sabot qui est parti dans la fosse. Je ne me suis pas démontée (rires). J’ai pris l’escalier qui descendait dans la fosse et suis allée le chercher. Ensuite, je suis remontée sur scène et les spectateurs m’ont applaudi. Ça, c’était positif !
Ensuite, j’ai vécu la fameuse phrase cliché : "Mademoiselle, voulez-vous faire du théâtre ?". C’était un monsieur de la compagnie du Grenier de Toulouse qui montait la pièce La guerre de Troie n’aura pas lieu. Ils avaient besoin d’une jeune comédienne pour jouer le rôle d’une déesse qui descend des cieux pour faire une prédiction. Je l’ai envoyé promener car je n’avais pas envie de faire du théâtre et puis je me méfiais. Il a tenu à rencontrer ma mère pour lui parler de son projet. Ma mère a trouvé cela très intéressant (rires) en me disant que je n’allais pas danser jusqu’à 40 ans. Le lendemain, je suis allée voir la répétition. En revenant chez moi, j’ai dit à ma mère "Oh, je vais le faire maman car ce sont des fainéants : ils parlent, ils fument, ils s’arrêtent, ils rigolent..." La danse s’était bien plus rigoureux et difficile !
Le jour de la représentation mon costume, un drapé qui était juste tenu par quelques épingles, a commencé à glisser et a dévoilé une partie de mon corps, ce qui a bien fait rire les autres comédiens comme Daniel Sorano ! (rires) J’étais honteuse et malheureuse car je n’avais que 16 ans.
En parallèle au Grenier, même si mon père ne voulait pas que je fasse un métier artistique, je suis quand même entrée au Conservatoire de Toulouse. J’en suis sortie avec deux premiers prix de comédie, ce qui m’a valu quelques inimitiés (rires).