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Le voyageur des siècles
LE VOYAGEUR DES SIÈCLES
De Jean Dréville
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : En 1981, Philippe d’Audigné (Hervé Jolly) invente deux appareils, en s’inspirant des travaux de son arrière-grand-oncle François d’Audigné (Robert Vattier). L’un permet de révéler les images réfléchies dans le passé par les miroirs. L’autre est une machine à voyager dans le temps, appelée « la chronosphère ». Tombé éperdument amoureux du reflet d’une belle jeune femme de 1788, Philippe rejoint son aïeul en 1884 et l’embarque dans un périple dont la destination est la fin du règne de Louis XVI, en mai 1788, pour tenter de sauver la tête de son aimée promise à la guillotine. Mais quels imprudents ! Leur intervention risque de bouleverser le cours de l’histoire. Vont-ils empêcher la Révolution d’éclater et Bonaparte de devenir général ?



POINT DE VUE

Robert VattierPour sa dernière réalisation, Jean Dréville retrouve le comédien Noël-Noël, qui précédemment avait écrit pour lui les scénarii de La cage aux rossignols (1945), Les casse-pieds (1948), Retour à la vie (1949), À pied, à cheval et en spoutnik ! (1958) et La sentinelle endormie (1966), tout en jouant dans chacun des films. Mais cette-fois Noël-Noël se contente de l’écriture de la mini-série Le voyageur des siècles, sans y apparaître. Il signe une aventure dans le temps vraiment enjouée et originale. En plus, les agissements des voyageurs débouchent sur une uchronie savoureuse, puisqu’en bousculant le cours de l’histoire, ils font disparaître la Révolution française tout en avançant la Révolution industrielle ! Le concept de modification malheureuse du cours des choses rapproche Le voyageur des siècles de la nouvelle Un coup de tonnerre de Ray Bradbury, ayant inspiré un épisode de la série Ray Bradbury présente (1985-1992), puis un film de Peter Hyams en 2005.

Dans l’épisode The Frozen Sound de la série Science Fiction Theatre (1955-1957), un scientifique inventait une machine permettant d’écouter des sons conservé dans les pierres. L’une d’elles révélait d’ailleurs les cris des habitants de Pompéi lors de l’éruption du Vésuve. Après l’audio, Noël-Noël, quant à lui, a pensé au visuel, avec cette idée des miroirs conservant les images de tous ceux qui se sont regardés dedans.

Le voyageur des siècles fonctionne grâce à un formidable duo d’acteurs, dont les personnages sont animés par des objectifs différents. Robert Vattier, habitué de l’univers de Marcel Pagnol (Marius, Fanny, César) incarne Philippe d’Audigné, vieux professeur facétieux dans lequel on reconnaît bien la verve de Noël-Noël. L’érudit accepte de retourner dans le passé, simplement mû par la curiosité scientifique et l’esprit d’aventure. Hervé Jolly, comédien qui deviendra très actif dans le doublage (il est notamment la voix française de Clint Eastwood depuis Présumé coupable) interprète quant à lui François d’Audigné. Contrairement à son aïeul, le jeune homme est purement motivé par l’amour. A l’instar de McPherson (Dana Andrews), obsédé par le portrait d’une présumée morte (Gene Tierney) dans Laura (1944), François fait une fixation sur l’image de Mary d’Auddson, la dame de compagnie de son ancêtre Catherine. Ayant découvert qu’il y a méprise et que c’est de Catherine dont il avait capté l’image dans un miroir, François entreprend de modifier le cours de l’histoire pour éviter qu’elle ait la tête coupée pendant la révolution. Buté, impulsif, François se moque des conséquences pouvant résulter de ses actes, au grand dam de Philippe d’Audigné.

Comme pour ses autres scénarii, Le père tranquille et La sentinelle endormie, Noël-Noël écrira pour la collection Bibliothèque Verte de Hachette une version pour enfants de sa série Le voyageur des siècles. Des différences sensibles se remarquent entre le roman et le programme télévisé, qui seront précisées plus bas.

Hervé JollyPrologue : L’étrange disparition de Philippe d’Audigné + Chapitre I : L’homme au tricorne (durée : 76’03’’)

1981 : la baronne d’Audigné (France Delahalle) engage le détective privé Jolivet (Gérard Darrieu) pour retrouver son frère Philippe (Hervé Jolly), savant disparu depuis un an. L’enquête de Jolivet le mène à une caverne achetée par Philippe contenant un squelette vieux de 200 ans… qu’un radiesthésiste identifie comme étant celui de Philippe ! 1885 : Jean Brunot (Raymond Baillet) réunit trois scientifiques pour leur lire le récit de François d’Audigné rédigé quelques jours avant sa mort. Le vieux professeur y raconte sa rencontre avec Philippe, son arrière-petit-neveu, venu du futur pour le rencontrer et le persuader de voyager avec lui dans le temps.

Le roman ne perdait pas de temps et commençait fin 1884, avec l’arrivée de Philippe chez François d’Audigné. Le premier épisode de la série a une structure narrative différente qui tend à alourdir l’ensemble. C’est une sorte d’introduction géante préparant le terrain pour la suite (bien plus trépidante) des évènements. La partie contemporaine où les personnages s’interrogent sur la disparition de Philippe d’Audigné est assez languissante, en faisant regretter que l’on n’entre pas plus vite dans le vif du sujet. Ensuite, la partie située en janvier 1885 présente Brunot, l’homme de confiance de François d’Audigné faisant office de narrateur. Le récit qu’il lit aux trois amis scientifiques du défunt est une mise en garde, au cas où ils auraient des velléités de reprendre ses travaux sur le temps. Enfin le flashback décrivant l’aventure des deux voyageurs du temps, visitant la France de 1788 est le cœur de la série. L’alchimie et la complémentarité des deux d’Audigné fait plaisir à voir et l’on retiendra la scène où Philippe montre à son ancêtre des photographies de détections photographiées à partir de miroirs. François a ainsi l’occasion de voir à quoi ressemblaient Louis XIV et Molière. L’épisode s’achève au moment où Philippe est sur le point de montrer à son ancêtre la fameuse machine permettant de voir les images du passé conservées dans les miroirs. Le meilleur reste à venir.

Myriam ColombiChapitre II : L’album de famille (durée : 70’20’’)

Philippe et François utilisent la chronosphère pour retourner en mai 1788, sous Louis XVI. A paris, après avoir fait fuir des malandrins, ils louent des chambres dans une auberge, avant de partir pour le château de Sainte-Marie, demeure de leur ancêtre commun, Xavier d’Audigné (Jacques Harden), dit Coco-Bel-Œil. Philippe a surtout l’espoir d’y rencontrer celle dont il est épris.

Un épisode vraiment plaisant, allait parfaitement science-fiction et humour. Son titre L’album de famille se réfère à la séquence durant laquelle les deux héros utilisent l’appareil à détecter les reflets du passé dans le tain des miroirs. Ils peuvent ainsi apercevoir non seulement plusieurs de leurs ancêtres, mais aussi François lorsqu’il était jeune ! Une fois amorcé le voyage vers 1788, Philippe et François jouent les touristes dans le « Paris by Night » d’avant la Révolution. Arrivés au Palais-Royal, leurs vêtements inhabituels pour l’époque attirent l’attention de jeunes gens. Les explorateurs du temps trouvent alors la parade en expliquant qu’ils se rendent à un bal costumé, déguisés… en hommes de l’avenir !