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The Boneyard
THE BONEYARD
De James Cummins
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Un entrepreneur des pompes funèbres (Robert Yun Ju Ahn) se rend aux autorités en affirmant être la victime d’une malédiction sévissant dans sa famille depuis trois siècles. Sa morgue contient trois cadavres d’enfants qui selon lui sont des goules. Les policiers Jersey Callum (Ed Nelson) et Gordon Mullin (James Eustermann) se rendent chez la medium Alley Oates (Deborah Rose) vivant recluse chez elle, pour lui demander de les aider à identifier les corps. Alley, lasse de voir des visions macabres, accepte pourtant d’accompagner les deux hommes à la morgue. Sur place, ils sont accueillis par la revêche employée de nuit Mademoiselle Poopinplatz (Phyllis Diller) et son insupportable caniche. Ils font aussi la connaissance de Shepard (Norman Fell), le vieux légiste et de Dana (Denise Young), victime d’un suicide raté s’étant réveillée sur la table d’autopsie. Les goules se réveillent soudain, en ayant faim de chair humaine, et entreprennent de traquer les occupants des lieux qui leur semblent bien appétissants.



POINT DE VUE

GouleSorti uniquement en vidéo, The Boneyard est l’œuvre de James Cummins, un responsable d’effets spéciaux (Le monstre des profondeurs, Les dents de la mer 3, House, Enemy) s’étant essayé à l’écriture et la réalisation sur trois films. Après The Boneyard, suivront donc Dark:30 (1993) et Harbinger (1996) demeurés encore plus confidentiels. Tourné en sept semaines en Caroline du Nord dans un hôpital désaffecté, The Boneyard bénéficie des effets spéciaux imaginés par Cummins avec l’aide de Bill Corso (Innocent Blood, Galaxy Quest, Star Wars : Episode VII – Le réveil de la force, Deadpool) qui les as confectionnés.

Le bestiaire est le point fort de ce petit film d’horreur. Pour ses trois goules (jouées par une petite fille et deux danseuses), Cummins s’est inspiré des Gyonshi, ces morts-vivants/vampires sautillants chinois, vus notamment dans les « Ghost-Kung-Fu-Comedies » telles que L’exorciste chinois (Sammo Hung, 1980) et Mr. Vampire (Ricky Lau, 1985). L’aspect putréfié et visqueux des goules est particulièrement réussi. Plus comiques mais spectaculaires, deux créatures animatroniques complètent la distribution. Tout d’abord la mégère Poopinplatz devenue un monstre géant comme la mère du héros dans Braindead (Peter Jackson, 1992) et ensuite le caniche Floofsoms, transformé en immense caniche-garou, après avoir été infecté par les goules tout comme sa maîtresse.

PoopinplatzLe rythme lent de The Boneyard est susceptible de dégoûter les amateurs de sensations fortes, ne se réveillant qu’une fois les personnages coincés dans la morgue à la merci des goules. Pourtant, ce serait passer à côté de l’effort du cinéaste pour donner de l’épaisseur à son scénario en faisant des choix très inhabituels, en cela intéressants. Quelle idée originale de choisir pour héroïne une quarantenaire en surpoids (Deborah Rose), croisement improbable entre la chancelière allemande Angela Merkel et le Lieutenant Ellen Ripley de la quadrilogie Alien. Cela s’explique en partie par la volonté de montrer le délabrement physique autant que moral de la médium Alley Oates aux pouvoirs psychiques trop lourds, ne supportant plus d’aider la police à rechercher des enfants morts au début de l’aventure, puis sa reprise progressive de soi, au cours de sa lutte contre les goules. Attention spoiler ! Cummins avait d’ailleurs prévu à la fin de montrer Oates amaigrie, assistant au mariage de Dana et Gordon Mullin, avant d’accepter de sortir avec Jersey Callum ravi de sa nouvelle apparence. Mais le concept a été abandonné, vu qu’il aurait été difficilement envisageable de convaincre l’actrice Deborah Rose de perdre du poids pour la scène !

The Boneyard contient des scènes très réussies faisant oublier son aspect fauché, en particulier quand Alley, recouverte d’une montagne de vêtements est prise par un monstre par Mullin imprudemment entré dans sa chambre ou lorsque la médium, endormie, rêve que sa fille morte, réduite à l’état de cadavre, vient l’enlacer affectueusement. Il y a également le réveil brutal de Dana, déclarée morte, sur la table d’autopsie, se mettant à hurler au moment où le légiste commence à lui couper la peau du cou au scalpel ! Enfin, on peut aussi citer le passage durant lequel une goule, afin de contaminer l’infortunée Poopinplatz, s’arrache un lambeau de peau du front pour lui fourrer de force dans la bouche ! Effet émétique garanti !

FloofsomsLa musique de John Lee Whitener peut surprendre par son emphase jurant avec le côté modeste du long-métrage. Elle ressemble à une caricature de bande-originale de film catastrophe hollywoodien. En revanche, The Boneyard réussit à combiner différentes générations d’acteurs comme le faisait Le retour des morts-vivants (Dan O’Bannon, 1985). D’ailleurs pour le rôle du vieux policier Callum, James Cummins avait pensé à Clu Gulager, vu dans le film d’O’Bannon, mais ce dernier, malade, a décliné l’invitation, tout en recommandant Ed Nelson, un autre vétéran du cinéma. Pour le légiste finalement interprété par Norman Fell avec une apparence invraisemblable de hippie septuagénaire, James Cummins et son producteur Richard F. Brophy pensaient tout d’abord au musicien Warren Zevon, avant d’approcher Alice Cooper. Mais l’agent et le manager de l’artiste s’étant avérés trop difficiles, il a fallu se rabattre sur Fell !