Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

Man in the Attic
L’ÉTRANGE MR. SLADE
De Hugo Fregonese
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Londres, 1888. Dans la soirée précédant le troisième meurtre de Jack l’éventreur, un pathologiste nommé Slade (Jack Palance) prend pension dans le grenier aménagé de la famille Harley. Très vite, la maîtresse de maison soupçonne ce nouveau locataire d’être le tueur au scalpel qui sème la terreur dans les rues de Londres. Lily Bonner (Constance Smith), nièce de cette dernière se sent irrésistiblement attirée par le nouveau venu. Ses jours sont-ils en danger ?



POINT DE VUE

Jack PalanceLes meurtres sanglants sur des prostituées du tueur en série Jack l’éventreur ont abondamment inspiré la littérature puis le cinéma. Sur grand écran, The Lodger, le roman de Marie Belloc Lowndes paru en 1913 est devenu Les cheveux d’or (Alfred Hitchcock, 1927), The Lodger (Maurice Elvey, 1932), Jack l’éventreur (John Brahm, 1944) et L’étrange Mr. Slade, de Hugo Fregonese. Réalisateur d’origine argentine, ce dernier est surtout connu en France pour Quand les tambours s’arrêteront (1951) qui demeure ce que l’on trouve de mieux en matière de western à petit budget.

L’étrange Mr. Slade ne s’attarde pas sur les meurtres, mais plutôt sur la relation entre Slade, pathologiste à la personnalité torturée et Lily, jeune chanteuse extravertie. Curieusement, leur rapport n’est pas sans évoquer celui dépeint dans l’assez gore Maniac (William Lustig, 1980), situé quant à lui dans le New York des années 80. Pendant un temps, une romance avec une femme pleine de vie semble apaiser un psychopathe (ayant eu un sacré problème relationnel avec sa mère), avant que sa folie ne reprenne le dessus.

Byron PalmerLe scénario manque sensiblement d’ambiguïté, du fait qu’il n’y a pas vraiment de doute sur la culpabilité de Slade, l’étau se resserrant autour de lui jusqu’à la confrontation finale assez convenue. L’intérêt réside ailleurs. En effet, le film évite le sordide et le macabre de son sujet, tout en n’insistant pas sur le drame ou les ambiances mortifères, ce qui ne sera pas le cas de From Hell (Albert et Allen Hughes, 2001). L’étrange Mr. Slade est ponctué par un érotisme de bon aloi, plutôt audacieux dans le cinéma des années 50, lors des deux numéros musicaux menés par Lily ayant pour thème « le gai Paris » ou lorsque l’une des victimes se déshabille chez elle. Il y a également un ton humoristique souvent présent, notamment avec les deux bobbies joués par Sean McClory et Leslie Bradley, sorte de Dupont et Dupond britanniques, raccompagnant à deux reprises des futures victimes tout de suite avant qu’elles ne soient surinées. Ces balades nocturnes dans le Londres malfamé donnent d’ailleurs lieu à une scène assez poétique, durant laquelle Mary Lenihan (Lisa Daniels) se met à chanter pour remercier les deux policiers l’escortant jusqu’à chez elle.

Jack Palance, dans la peau de Slade, sans démériter par rapport à Laird Cregar dans le Jack l’éventreur de Brahm, est franchement inquiétant, mais il arrive aussi à être presque plus attachant que l’autre prétendant de Lily, à savoir l’inspecteur Paul Warwick, interprété avec un charisme assez relatif par Byron Palmer. C’est évident que George Sanders, qui campait le même rôle de policier à la recherche du tueur dans le métrage de Brahm, avait nettement plus de présence.

Constance SmithL’étrange Mr. Slade bénéficie également de personnages féminins assez originaux. Tout d’abord Helen Harley (Frances Bavier), la logeuse qui se doute rapidement que son locataire n’est point net. Loin d’être une caricature puritaine réprouvant les activités de sa nièce artiste Lily, elle s’amuse de son audace sur la scène d’un théâtre londonien. Quant à Lily, elle fait montre d’un modernisme pour l’époque la rapprochant d’Eva Marie Saint dans La mort aux trousses (Alfred Hitchcock, 1959), puisque c’est elle qui fait des avances à l’homme qui lui plait et non l’inverse. La brune Constance Smith apporte un charme et une élégance certaine à Lily. Malheureusement la carrière de l’actrice tournera court et après un parcours chaotique, elle finira tragiquement dans l’alcoolisme.

IMAGE ET SON

Manifestement restaurée, l’image en noir et blanc ne présente pratiquement pas de traces d’usure. Le son est clair, sans souffle le parasitant.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Film-annonce (durée : 1’43’’)

Films-annonces de la collection Les classiques (durée : 3’44’’)



 


Titre original : Man in the Attic
Titre français : L’étrange Mr. Slade
Réalisateur : Hugo Fregonese
Acteurs : Jack Palance, Byron Palmer, Constance Smith, Rhys Williams
Durée : 88’48’’
Suppléments : bandes-annonces
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1953
Format image : 1.37:1, noir et blanc
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

Acheter ce livre ou DVD sur le site : Amazon
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Fnac
Acheter ce livre ou DVD sur le site : PriceMinister