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Moonrise
LE FILS DU PENDU
De Frank Borzage
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : En butte, dès l’enfance, aux sarcasmes de ses camarades parce que son père a jadis été condamné à la pendaison, Danny Hawkins (Dane Clark) cause au cours d’une rixe la mort de Jerry Sykes (Lloyd Bridges), son rival amoureux auprès de Gilly Johnson (Gail Russell). Redoutant de finir comme son père s’il se dénonce, Danny cache le corps et tente de passer à travers les mailles du filet de l’enquête qui se resserre autour de lui.



POINT DE VUE

Dane ClarkFrank Borzage, à l’instar de Douglas Sirk, avait un penchant pour le mélodrame. Les drames romantiques (L’heure suprême, L’ange de la rue, La femme au corbeau, Ceux de la zone) domineront son œuvre dès le temps du muet. Le fils du pendu appartient à cette veine mélodramatique, tout en y injectant une esthétique de film noir si caractéristique des années 40-50. Le métrage est en noir et blanc, avec de nombreux jeux d’ombres et scènes nocturnes. Pourtant, grâce au travail du directeur de la photographie John L. Russell, ainsi qu’à la qualité de la copie, le spectateur n’a jamais l’impression d’être totalement plongé dans une pénombre d’où il serait difficile de deviner ce qui s’y passe.

Fils d’un homme pendu pour meurtre, Danny Hawkins craint de suivre le destin criminel de son père, que les habitants de sa petite ville ne manquent pas de lui rappeler. Après avoir lui-même tué un homme, tout ramène Danny à son méfait, provoquant en lui un sentiment suffoquant de culpabilité allant crescendo. Une scène dans une fête foraine, durant laquelle Danny ayant pris place avec son amie dans une Grande Roue se retrouve oppressé par la vision du Shérif Otis (Allyn Joslyn) assis au-dessus de lui, symbolise bien le poids de la justice pouvant à tout moment démasquer le coupable et l’écraser.

Jane RussellL’agressivité de Dan, écorché vif, contraste avec la douceur de Gilly, la jeune institutrice éprise de lui. Une séquence au début, durant laquelle il roule à tombeau ouvert au volant d’une voiture au risque de périr avec tous ses passagers nous présente Dan comme égoïste et peu recommandable. Pourtant, quoique brutal, Dan n’est pas représenté comme un individu irrécupérable. Billy (Harry Morgan), un sourd-muet protégé par Dan trouve dans les marais un couteau égaré par Dan sur le lieu de son crime. S’en rendant compte, Dan va chez Billy pour récupérer cette pièce à conviction, quitte à éliminer son ami. Lors d’un passage poignant, Dan commence à étrangler Billy n’offrant aucune résistance, avant de réaliser l’horreur qu’il est en train de commettre.

La belle mais si mélancolique Gail Russell incarne le même type de personnage qu’elle avait incarné un an plus tôt face à John Wayne dans le western L’ange et le mauvais garçon (James Edward Grant, 1947), une femme poussant un homme à la rédemption. On sait que les films de cette époque comme High Sierra (Raoul Walsh, 1941) se devaient de respecter une certaine morale, en s’assurant qu’à chaque fois le délinquant serait puni pour ses actes. Pourtant, Le fils du pendu évite d’être moralisateur de façon trop appuyée. On apprend que le père de Dan avait des circonstances atténuantes (il a abattu le médecin qu’il jugeait responsable de la mort de sa femme), tandis que Dan, s’il a tué Jerry, était en état de légitime défense. Evidemment, pour l’Amérique des années 40, au cinéma, le criminel devait soit périr, soit échouer en prison. Mais sachant que Dan est d’avantage une victime qu’un tueur de sang-froid, une note d’espoir est permise.

Allyn JoslynLe fils du pendu bénéficie de personnages très originaux pour l’époque. Tout d’abord, le précité Shérif Otis est une figure compatissante, contribuant à convaincre Dan qu’en se rendant à la justice, il pourra plaider la légitime défense. Lorsque Dan décide de finalement se rendre aux autorités, Otis empêchera même un de ses adjoints de le menotter. Il y a également Mose (Rex Ingram), l’ermite noir éleveur de chiens servant en quelque sorte de père de substitution à Dan, en le convainquant notamment d’assumer ses actes, après avoir deviné que le jeune homme a commis un meurtre qu’il cherche à cacher. Après Le fils du pendu, un hiatus de 10 ans s’écoulera avant que Frank Borzage ne réalise de nouveau. Selon Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans l’ouvrage 50 ans de cinéma américain (Omnibus, 1995), ce silence « s’explique plus par l’échec de ce film et par des problèmes de santé » que par un hypothétique Blacklisting en pleine période de chasse aux sorcières (rouges).

IMAGE ET SON

L’image a été restaurée de façon satisfaisante, même si, du fait de l’âge du film, certaines imperfections n’ont pu être corrigées (points blancs, barres verticales traversant l’écran). Le son présente parfois un léger souffle.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Films-annonces de la collection Les classiques (durée : 3’44’’)



 


Titre original : Moonrise
Titre français : Le fils du pendu
Réalisateur : Frank Borzage
Acteurs : Ethel Barrymore, Dane Clark, Harry Morgan, Gail Russell
Durée : 86’26’’
Suppléments : bandes-annonces
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1948
Format image : 1.37:1, noir et blanc
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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