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Five
CINQ SURVIVANTS
D’Arch Oboler
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Dépeuplée par un holocauste nucléaire, la Terre n’est plus qu’un vaste cimetière. Seules cinq personnes semblent avoir miraculeusement survécu. Se retrouvent dans un site privilégié épargné par les retombées radioactives : une femme enceinte (Susan Douglas Rubes), un intellectuel (William Phipps), un homme de couleur (Charles Lampkin), un vieil employé de banque (Earl Lee), et un alpiniste raciste (James Anderson). Vont–ils, malgré leurs différences, parvenir à coexister face au tragique de la situation ?



POINT DE VUE

Susan Douglas RubesTout d’abord homme de radio, Arch Oboler a travaillé comme auteur- réalisateur-producteur pour Lights Out, une série radiophonique des années 30-40 très populaire aux Etats-Unis, adaptée ensuite à la télévision (1946-1952), avec ses histoires fantastiques préfigurant La quatrième dimension (1959-1964). Pour le cinéma, il a signé et mis en scène Bwana le diable (1952), le premier long-métrage en relief et The Bubble (1966), autre film en 3D dont le sujet semble bien alléchant (un couple se retrouve dans une ville à l’intérieur d’une bulle, dont les habitants ont un comportement étrangement robotique).

Cinq survivants fait aussi montre d’originalité et d’avance sur son temps, puisqu’il s’agit de l’un des tout premiers films post-apocalyptiques, huit ans avant Le monde, la chair et le diable (Ranald MacDougall, 1959) qui développera des thèmes similaires. Avec ses décors dévastés et ses protagonistes ayant survécu à une guerre atomique, le métrage d’Oboler devance aussi Two (Montgomery Pittman, 1961), épisode de La quatrième dimension avec Charles Bronson et Elizabeth Montgomery. Mais l’avantage de Two était de maintenir en haleine sur une durée très resserrée de 25 minutes. Malheureusement, Cinq survivants a une fâcheuse tendance à lasser au bout de 25 minutes, en sachant qu’il reste plus d’une heure à venir !

William Phipps« L’enfer c’est les autres » disait Garcin dans la pièce Huis-clos de Jean-Paul Sartre. Sans grande surprise, on se doute bien que le scénario d’Oboler réserve des conflits rendant impossible la bonne coexistence des rescapés. Durant les 20 premières minutes, Roseanne (Susan Douglas Rubes) et Michael (William Phipps) pensent être seuls au monde. Michael tente de s’en accommoder, en s’occupant à cultiver une terre d’où seuls les oiseaux n’ont pas disparu. Roseanne quant à elle, enceinte, n’arrive pas à se résoudre à la mort pratiquement certaine du père de son enfant et espère toujours retourner en ville pour le chercher. Ensuite arrivent Oliver B. Barnstable (Earl Lee) et Charles (Charles Lampkin). Le premier est un banquier ayant perdu la raison après la catastrophe nucléaire tandis que le second est un paisible collègue noir de Barnstable. Au bout de 32 minutes, Barnstable ayant été irradié, il est transporté mourant sur la plage par ses amis d’infortune. Et c’est à ce moment que la belle harmonie de cette espèce de famille recomposée va être brisée par l’entrée en scène d’Eric (James Anderson).

Après la mort de Barnstable, le nouveau-né de Roseanne prend sa place comme cinquième survivant de l’histoire. Une opposition de valeurs se fait vite sentir. Eric est un raciste supportant mal de devoir vivre aux côtés d’un noir. Convoitant Roseanne, seule femme du groupe, il ne comprend pas non plus pourquoi Michael et Charles s’éreintent à faire pousser des récoltes alors que des tonnes de provisions en conserve sont à leur portée dans la première agglomération venue. Roseanne reste à l’écart de la mêlée, trop obsédée par l’unique pensée de retrouver vivant Steven, le père de son fils.

Charles LampkinLe symbolisme est appuyé. Ce n’est pas un hasard si Eric est habillé de noir comme un fasciste, si son accent est germanique et s’il semble dire que les survivants ont été immunisé aux radiations comme s’ils faisaient partie d’une race élue assimilable à celle des Aryens (à ce sujet, il ne s’explique d’ailleurs pas pourquoi Charles a survécu). Le message religieux est aussi fort présent, Cinq survivants commençant et se clôturant sur une citation biblique. On notera tout de même une scène assez belle durant laquelle Charles raconte en quelques phrases la création du monde. A ce ton intimiste, languissant et quasi-documentaire, que l’on retrouvait d’ailleurs dans Glen and Randa (Jim McBride, 1971), on préférera l’approche plus trépidante de la vague italienne post-apocalyptique des années 80, avec des titres tels que Les nouveaux barbares (Enzo G. Castellari, 1982), She (Avi Nesher, 1983) ou Les Rats de Manhattan (Bruno Mattei, 1984) !

IMAGE ET SON

Une très belle copie au grain discret. Le son présente parfois un léger souffle.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Film-annonce (durée : 1’56’’)

Films-annonces de la collection Les classiques (durée : 3’44’’)



 


Titre original : Five
Titre français : Cinq survivants
Réalisateur : Arch Oboler
Acteurs : William Phipps, Susan Douglas Rubes, James Anderson, Charles Lampkin
Durée : 87’18’’
Suppléments : bandes-annonces
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1951
Format image : 1.37:1, noir et blanc
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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