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House of Mortal Sin
MORTELLES CONFESSIONS
De Pete Walker
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Jenny Welch (Susan Penhaligon) vit avec sa sœur Vanessa (Stephanie Beacham), et mène une vie amoureuse instable après avoir été quittée par son amant Terry (Stewart Bevan). Elle se met alors à fréquenter un vieil ami d’enfance, Bernard Cutler (Norman Eshely), devenu prêtre. En allant retrouver Bernard à l’église, Jenny fait l’erreur de se confesser au père Xavier Meldrum (Anthony Sharp), vieux prêtre vivant avec sa mère invalide (Hilda Barry) et sa gouvernante revêche (Sheila Keith). Très perturbé et dangereux, le père Meldrum va devenir de plus en plus obsédé par Jenny, qui en verra sa vie mise sens dessus dessous.



POINT DE VUE

John SharpAprès Flagellations, qui s’en prenait aux établissements pénitentiaires en montrant des geôliers complètement déments, Pete Walker et son scénariste David McGillivray s’attaquent à l’institution ecclésiastique dans Mortelles confessions, avec cette fois un fascinant prêtre psychopathe. Pour la première attaque mortelle, le réalisateur reprend l’ambiance des gialli, avec un individu ganté pénétrant dans une demeure pour commettre son forfait. Mais ensuite, le métrage se démarque du giallo, en révélant très rapidement l’identité du tueur. De manière astucieuse, les armes du père Meldrum (puisque c’est de lui qu’il s’agit), sont des objets rattachés au culte : une confession enregistrée sert à faire chanter l’infortunée Jenny ; un encensoir et un crucifix servent respectivement à assommer et étrangler ; tandis que le procédé de l’Ostie empoisonnée sert par deux fois son objectif de mort.

Les personnages sont ici plus fouillés que dans Flagellations, avec en tête ce prêtre manipulateur, fort de sa fonction dans la société lui assurant la confiance des autres. De façon perverse, il se joue à isoler Jenny sur laquelle il a jeté son dévolu, en la faisant implacablement passer pour une affabulatrice auprès de ses proches ; à savoir sa sœur Vanessa et son ami Bernard, le jeune prêtre. A ce sujet, Meldrum est remarquablement interprété par Anthony Sharp, vétéran tout aussi crédible dans les rôles plus légers, comme celui du Commandant Frost, militaire retraité un peu fantasque, proche d’une famille s’occupant d’une petite ligne de chemin de fer, dans la charmante série The Flockton Flyer (1976-1977).

Sheila KeithCrève l’écran aussi la glaciale et borgne gouvernante jouée par Sheila Keith qui, deux ans auparavant, incarnait une ignoble gardienne de prison dans Flagellations. Mortelles confessions met en image un parallélisme malsain, avec d’un côté cet homme d’église à la folie cachée derrière la foi, s’épanouissant en persécutant ses ouailles les plus vulnérables et de l’autre, cette gouvernante infligeant de mauvais traitements à la mère impotente du prêtre dont elle a la responsabilité. Les raisons de l’attitude cruelle répréhensible de la gouvernante finalement révélées, elle ressort comme un personnage plus pathétique qu’intrinsèquement mauvais, contrairement à Meldrum bien plus opaque.

A l’instar de David Vincent (Roy Thinnes) dans la série Les envahisseurs (1967-1968) qui criait dans le vide que les extra-terrestres avaient déjà débarqué, Jenny n’est crue par personne lorsqu’elle tente d’alarmer son entourage contre ce maniaque de prêtre. Cela se retourne contre elle, au risque d’être prise pour une déséquilibrée faisant un transfert de sa propre culpabilité (elle a eu recours à un avortement) sur le prêtre. Très habilement, le déséquilibré Meldrum se sert de l’inquiétude grandissante de Jenny pour la faire passer pour une malade psychiatrique, en prenant même l’initiative de contacter un médecin pour lui parler du cas de celle-ci ! A un moment, Jenny croit trouver une alliée chez Madame Davey (Julia McCarthy), dont la fille a été poussée au suicide par Meldrum et qui détient une preuve incriminante contre le religieux. Mais on se doute que le scénario va compromettre cette aide qui paraissait providentielle…

Susan PenhaligonMortelles confessions offre une réflexion sur des thèmes originaux pour l’époque, comme le célibat des prêtres, avec d’un côté le vieux Meldrum qui dans le passé a renoncé à l’amour pour épouser la prêtrise, tandis que le jeune Cutler, épris de Vanessa, songe à abandonner la vie religieuse. L’antipathie de Meldrum pour Cutler, fait également ressortir que l’un représente le catholicisme très traditionnel, tandis que l’autre, plus moderne, aspire à une autre façon de faire cohabiter le spirituel et le charnel.