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Hercule l'invincible
HERCULE L’INVINCIBLE
D’Alvaro Mancori
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Hercule (Dan Vadis), fils de Zeus, sauve des griffes d’un lion, Teica (Spela Rozin), la fille du roi Tedaeo (Ugo Sasso). Tombé amoureux d’elle, il désire l’épouser. Le roi lui demande alors de terrasser un dragon qui ravage la région. Hercule accomplit son exploit, mais trouve à son retour le village dévasté. Les Demios, menés par leur chef Kabaol (Ken Clark), ont réduit son peuple en esclavage. Le héros part les libérer, et devra affronter mille péripéties.



POINT DE VUE

Dan VadisLe milieu des années 60, sonne le glas du péplum, qui ne fait plus tellement recette. Les superproductions ont été remplacées par des métrages au budget plus modeste, avant que le genre ne passe définitivement de mode pour laisser place au western spaghetti et à l’espionnage. Co-scénarisé et mis en scène par Alvaro Mancori, Hercule l’invincible appartient ainsi à la dernière fournée des péplums avant que l’usine ne ferme. Mancori a principalement fait carrière en tant que directeur de la photographie. Hercule l’invincible constitue sa seule incursion dans la réalisation, avec le film à sketches, Le lit à deux places (1965). Ensuite, il fondera avec son frère Angelo un studio comprenant un village western, dans lequel seront tournées de nombreuses productions, attirées par les prix plus abordables que ceux des studios Cinecittà et Dino Città.

Hercule l’invincible est loin d’être l’un des fleurons du genre, mais il s’en dégage indéniablement un charme naïf. Comme dans Les travaux d’Hercule (Pietro Francisci, 1958) et La vengeance d’Hercule (Vittorio Cottafavi, 1960), le héros doit à un moment se battre contre un dragon, ce qui apporte une touche fantastique bienvenue à l’histoire. Ensuite, les péripéties sont plus conventionnelles, avec des combats contre un lion, un ours malais, et des soldats ennemis (dont l’un servira de massue humaine à Hercule pour se débarrasser des autres). Clou du spectacle, Hercule prisonnier manque d’être écartelé par deux éléphants, épuisé par l’effort, il ne devra son salut qu’en invoquant les dieux à son aide, ce qui sera d’ailleurs la seule référence aux origines mythologiques du protagoniste.

Olga SolbelliTourné en partie aux studios De Paolis et dans les grottes de Salone, Hercule l’invincible pâtit de l’utilisation des stock-shots à plusieurs reprises. Cela nous rappelle que Mancori a dû œuvrer à l’économie. Le dragon est celui sévissant dans Les travaux d’Hercule, tandis que les scènes avec les esclaves dans les mines et le spectacle des danseuses de la cour de la reine Etel, par leur différence de qualité vidéo par rapport au reste du film, laissent également à penser que ce sont des emprunts à de précédents péplums.

Histoire de surenchérir, Hercule l’invincible ne contient pas une méchante reine mais deux, puisque la cruelle reine Etel (Carla Calò) est remplacée au pied-levé par sa fille Melissa (Maria Fiore), qui accélère la succession pour accéder enfin au trône. Spela Rozin, dans le rôle de la damoiselle en détresse, n’a pas grand-chose à faire, mais elle est très mignonne. Las, les scénaristes ont trouvé nécessaire de flanquer à Hercule un sidekick idiot nommé Babar (John Simons), qui ne nous épargnera aucune grimace. Ledit Babar a d’ailleurs l’air de porter autant sur les nerfs d’Hercule que sur ceux du spectateur, au vu du traitement qu’il lui inflige : bourrades pour le faire avancer, puis coup de pied pour le relever quand il est à terre !

Spela Rozin et Dan VadisDan Vadis, sans avoir l’aura de Steve Reeves ou de Reg Park, compose un Hercule fort sympathique. Il reprendra la même année le rôle dans Le triomphe d’Hercule (Alberto De Martino, 1964). Vadis aura une petite carrière en Italie dans les années 60, principalement dans le péplum, mais de retour au Etats-Unis, peinera à trouver du travail. A partir de L’homme des hautes plaines (1973) jusqu’à Ça va cogner (1980), Clint Eastwood l’emploiera régulièrement comme second couteau. Tragiquement, il sera retrouvé mort d’une overdose dans le désert en 1987. A ce sujet, Howard Ross, qui avait joué avec lui dans Hercule l’invincible et Le triomphe d’Hercule, affirme qu’il s’est suicidé après avoir appris qu’il était malade…