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Hercule contre les fils du soleil
HERCULE CONTRE LES FILS DU SOLEIL
D’Osvaldo Civirani
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Après un naufrage, Hercule (Mark Forest) échoue sur les côtes du Pérou. Attaqué par les indigènes, Maytha (Giuliano Gemma) lui vient en aide. Ce dernier est le fils de Huasca (José Riesgo), roi chassé de son trône par son propre frère, Atahualpa (Franco Fantasia). Hercule va l’assister pour débarrasser son peuple de ce tyran.



POINT DE VUE

Mark ForestLe milieu des années 60 a vu le péplum décliner, supplanté par le western, l’eurospy et le film d’épouvante à la Hammer. Mais le volcan avait encore un peu de lave à cracher et quelques films sont encore sortis, avec des budgets plus ou moins modestes. Alors qu’Hercule l’invincible (Alvaro Mancori, 1964) a été manifestement tourné à l’économie, on constate qu’Hercule contre les fils du soleil, qu’Artus Films film sort simultanément en DVD en septembre 2018, a bénéficié de moyens bien plus conséquents. Coproduction romano-madrilène, le film d’Osvaldo Civirani bénéficie de décors de très bonne facture, qui ne font pas du tout carton-pâte ou bon marché, comme dans bien des métrages centrés sur des héros en sandalettes. De plus, les costumes chamarrés des personnages sont souvent très réussis, en particuliers ceux des habitants de la ville de Thyuanaco.

Ayant débuté au cinéma comme photographe de plateau, Osvaldo Civirani a manifestement du savoir-faire ; nombreux plans d’Hercule contre les fils du soleil sont joliment cadrés, la caméra est mobile en suivant le mouvement au plus près, avec parfois renfort de travellings. En revanche, le scénario coécrit par Civirani, laisse à désirer, avec cette histoire basique de la lutte du camp des bons contre un tyran usurpateur. Il manque cet élément surnaturel, ces créatures fantastiques qui faisaient tout le sel des grands titres du genre, tels qu’Hercule contre les vampires (Mario Bava, 1961), Hercule à la conquête de l’Atlantide (Vittorio Cottafavi, 1961) ou encore Maciste en enfer (Riccardo Freda, 1962).

Bouh !A l’instar de Rahan, fils des âges farouches qui dans la BD de Roger Lécureux et André Chéret apportait des inventions révolutionnaires à chaque peuple qu’il rencontrait, l’Hercule de Civirani fait profiter les Incas de la roue et des chars d’assaut pour mettre à bas le despote. Deux scènes d’action menées par Hercule ressortent d’Hercule contre les fils du soleil, qui se révèle plus proche du film d’aventure que de la fantaisie mythologique. Tout d’abord l’opération commando de sauvetage pour délivrer la princesse Hamara (Anna-Maria Pace) des mains du vil Atahualpa. Ensuite l’attaque de la ville de Thyuanaco pour se débarrasser définitivement du potentat malfaisant. A cela s’ajoutent deux chorégraphies qui agrémentent le long-métrage de Civirani. Tandis qu’Hamra gigote sur un autel, des archers se mettent à sautiller pour célébrer son exécution en offrande au dieu Viracocha. Plus tard, cette fois dans le camp des gentils, une gracieuse danseuse fait un numéro pour fêter la libération de la princesse.

Culturiste improvisé acteur le temps d’une dizaine de péplums dans les sixties, Mark Forest ne correspond pas trop à l’image que l’on se fait d’Hercule (à savoir barbu et turbulent). On l’imagine davantage en Maciste ; héros qu’il incarnera d’ailleurs plusieurs fois, que ce soit dans Le géant de la vallée des rois (Carlo Campogalliani, 1960) ou Maciste contre les Mongols (Domenico Paolella, 1963). Sa dernière apparition à l’écran sera dans Kindar, prince du désert (1963) mis en scène par Osvaldo Civirani en personne.

Giuliano GemmaPlus expressif et charismatique que Forest, Giuliano Gemma doit ici se contenter d’un second rôle, alors qu’il était auparavant au premier plan de l’excellent Les titans (Duccio Tessari, 1962). Avec une perruque noir de jais, il campe pour Civirani le personnage du prince Maytha, s’opposant à son oncle Atahualpa qui a pour dessein de supprimer toute sa famille, afin d’asseoir son règne. Un an plus tard, Gemma percera définitivement, cette fois dans dans le western, en alignant une série de réussites du genre (Un pistolet pour Ringo, Le retour de Ringo, Le dollar troué et Adiós gringo).