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Cyrano de Bergerac
CYRANO DE BERGERAC
De Michael Gordon
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Soldat et poète, affublé d’un appendice nasal démesuré, Cyrano (José Ferrer) est amoureux de sa cousine Roxane (Mala Powers) mais n’ose déclarer sa flamme. Roxanne, elle, n’a d’yeux que pour le beau Christian (William Prince), cadet de Gascogne. Cyrano rédige les mots d’amour que le jeune homme est incapable d’écrire et parvient à évincer le comte de Guiche (Ralph Clanton) qui a des vues sur la belle.



POINT DE VUE

José FerrerLa version de Jean-Paul Rappeneau de la pièce d’Edmond Rostand Cyrano de Bergerac, en 1990, avec Gérard Depardieu, a quelque peu éclipsé les autres adaptations. Celle de 1950, réalisée par Michael Gordon charme par sa modestie et son absence d’emphase. On en doit le scénario à Carl Foreman (C’étaient des hommes, Le train sifflera trois fois, Le pont de la rivière Kwaï), qui passa une unique fois à la mise en scène, le temps de réaliser un très grand film de guerre, Les vainqueurs (1963). Pour Cyrano de Bergerac, Foreman ne garde que l’essentiel en réduisant les personnages et en se concentrant sur le drame de deux hommes, Cyrano et Christian, aimant la même femme, mais tous deux aimés en contrepartie que pour une partie d’eux-mêmes (Roxane aime un concept, un idéal composé du physique du beau Christian étayé par le vif esprit que lui prête en cachette le disgracieux Cyrano.

José Ferrer compose un formidable Cyrano, sobre et très inspiré, au jeu constamment juste, c’est à chaque fois un plaisir de le voir à l’image. Il a bien mérité l’Oscar du meilleur acteur pour ce rôle qu’il avait précédemment incarné à Broadway en 1946, et qu’il retrouvera tout au long de son parcours professionnel. Ferrer avouera d’ailleurs avec regret que sa carrière au cinéma aura été dominée par Cyrano de Bergerac et Moulin Rouge (John Huston, 1952), dans lequel il interprétait Henri de Toulouse-Lautrec. Sa composition tend à faire de l’ombre aux autres personnages, mais les acteurs arrivent à ne pas être trop effacés. William Prince émeut en Christian de Neuvillette, qu’il aurait été facile de représenter comme une coquille vide, tandis que Mala Powers est une belle Roxane, faisant notamment passer de l’émotion lors de la scène finale où elle réalise un peu tard le sacrifice de Cyrano. Enfin, on sait gré à Ralph Clanton d’éviter de rendre le Comte de Guiche, Némésis de Cyrano, trop antipathique. Il parvient même à en faire ressortir la noblesse, lorsque celui-ci informe Roxane des dangers menaçant un ennemi qu’il a appris à estimer.

Mala PowersMichael Gordon, cinéaste ayant eu la malchance d’être blacklisté peu de temps après Cyrano de Bergerac, mais qui heureusement pu reprendre les chemins des studios dans les années 60, démontre un sens du cadre intéressant. En est pour exemple la séquence où Cyrano doit raconter ses exploits aux cadets de Gascogne. Christian, voulant faire ses preuves, doit provoquer Cyrano en se moquant de son nez, au risque que cela se finisse en duel. Le jeune homme est assis au premier plan, filmé de dos très près de la caméra, ce qui a pour effet de faire ressortir une impression d’hostilité et d’attente du moment propice pour enfin provoquer Cyrano, se tenant quant à lui au fond de la pièce. Le métrage évite toute sensation de théâtre filmé, en ménageant plusieurs scènes d’action. L’énergie des combats à l’épée est indéniable, bien qu’il soit dommage que le recours à une doublure, pour remplacer Ferrer lors de certains plans, soit hélas trop voyant. Film américain oblige, il est amusant de constater que la bataille d’Arras contre les Espagnols est traitée en mode western, comme le siège d’Alamo, que John Wayne immortalisera 10 ans plus tard à l’écran.

Les années 60, livrèrent des idées cinématographiques amusantes, comme celles des crossovers improbables entre héros, comme Ulysse contre Hercule (Mario Caiano, 1962), Maciste contre Zorro (Umberto Lenzi, 1963) et même Cyrano et d’Artagnan (Abel Gance, 1964). Dans ce dernier, José Ferrer redevient Cyrano, auprès de Jean-Pierre Cassel en d’Artagnan, pour une aventure dans laquelle les deux hommes ne s’opposent pas mais sont amis. Une fois encore, José Ferrer y est très attachant dans la peau du poète. Echec immérité à sa sortie, le film de Gance mérite tout autant que celui de Gordon d’être redécouvert.

IMAGE ET SON

William PrinceCyrano de Bergerac est tombé dans le domaine public, ce qui fait que les éditions de diverse qualité ont fleuri. La copie d’Artus Films trahit parfois son âge, mais demeure dans l’ensemble de bonne facture. On ne peut pas en dire autant du sous-titrage plutôt bâclé, ne rendant pas tout à fait justice à l’adaptation de la pièce en anglais par Brian Hooker. On y décèle ainsi plusieurs coquilles guère agréables à la lecture (cquin au lieu de coquin, qulles pour quelles, gros hommes à la place de gros homme).






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Films-annonces de la collection Les classiques (durée : 7’16’’)

Film-annonce (durée : 1’46’’)



 


Titre original : Cyrano de Bergerac
Réalisateur : Michael Gordon
Acteurs : Morris Carnovsky, José Ferrer, Mala Powers, William Prince
Durée : 108’25’’
Suppléments : bandes-annonces
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1950
Format image : 1.37:1, noir et blanc
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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