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Gungala la vergine della giungla
GUNGALA, LA VIERGE DE LA JUNGLE
De Romano Ferrara
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Au Katanga, deux aventuriers Danny et Wolf, dérobent un diamant sacré à la tribu des Bakanda. Wolf (Poldo Bendandi) est laissé pour mort par son complice s’enfuyant avec le butin. Des années plus tard, Wolf revient dans la région, en servant de guide à une expédition cherchant des gisements de minéraux. Wolf découvre que le diamant est dorénavant porté en pendentif par Gungala (Kitty Swan), une jeune fille blanche qui vit à l’état sauvage avec les animaux qui l’ont élevée. Récupérer la pierre ne sera pas chose aisée.



POINT DE VUE

Kitty SwanDernier film du peu prolifique Romano Ferrara (4 crédits comme réalisateur, 6 comme scénariste), Gungala, la vierge de la jungle appartient au sous-genre des aventures des filles de la jungle, évidente réponse féminine aux exploits de Tarzan. L’avantage certain de décliner des histoires exotiques avec une héroïne, était bien entendu d’introduire un zeste d’érotisme. Au cinéma, les Allemands ont fait fort dès la fin des années 50, avec Liane la sauvageonne (Eduard von Borsody, 1956), où Marion Michael, âgée de 16 ans n’était pas très vêtue. Gungala, la vierge de la jungle et sa suite Gungala, la panthère nue (Ruggero Deodato, 1968) insistent un peu plus sur la nudité que Liane la sauvageonne, avec des plans de la ravissante Dano-Hawaïenne Kitty Swan se promenant topless. Toutefois, dans le premier opus, Gungala ayant remarqué que Fleur l’exploratrice (Linda Veras) est recouverte de vêtements, elle décidera de faire de même. On ne peut qu’y voir un des méfaits de la civilisation…

Même s’il paraît plutôt ridicule de nos jours, Gungala, la vierge de la jungle n’opte pas pour le second degré, c’est une aventure à vocation dépaysante, saupoudrée de très sages séquences de nu de la part des interprètes féminines. Un peu plus tard, le choix du second degré et de l’humour fonctionnera davantage pour ce genre de voyage dans la jungle. Dans ce sens, Tarzana, sexe sauvage (Guido Malatesta, 1969) avec la mignonne brune Femi Benussi, et l’amusant Trader Hornee (Jonathan Lucas, 1970) avec la belle blonde Deek Sills, seront nettement plus réussis.

Linda VerasL’intrigue de Gungala, la vierge de la jungle est bien résumée par Fleur à son compagnon d’expédition, l’ingénieur Chandler (Conrad Loth) : « Une fille sauvage, un gros diamant, et une idole mystérieuse. Et pour finir, un homme est prêt à tout pour avoir ce diamant. Voilà tous les ingrédients pour un roman noir. » A cela, nous pouvons ajouter les clichés racistes véhiculés depuis les métrages Tarzan des années 30, des porteurs noirs superstitieux, refusant de s’aventurer sur un territoire maléfique. Tant que l’on y est, notons aussi que le bedonnant Wolf, « l’homme prêt à tout » précité, est le méchant le moins charismatique ayant sévi dans l’Afrique du grand écran.

Gungala qui n’apparaît qu’au bout de 25 minutes environ, est représentée comme une observatrice à la limite du voyeurisme. Cachée, elle regarde notamment Fleur et Chandler batifoler, avant d’approcher Chandler, enfin seul, en singeant les invites de sa précédente partenaire, afin de le séduire elle-aussi. La sexy Kitty Swan est bien entendu le principal attrait du film de Ferrara. Son rôle de sauvageonne ne nécessitant pas de dialogues, elle se contente de charmants petits grognements, avec lesquels elle communique avec les panthères l’accompagnant. Fort tristement, imdb indique qu’elle fut gravement brûlée avec Steve Hawkes sur le tournage de Tarzán y el arco iris (Manuel Caño, 1972), après avoir été carrément placée dans un bûcher. Elle ne tourna plus jamais après ce dramatique accident.

Conrad LothGungala, la vierge de la jungle s’avère hélas trop statique et bavard, en particulier à cause de scènes entre la verbeuse intellectuelle Fleur et Chandler. Si Ferrara sait mettre en valeur Kitty Swan, il ne parvient jamais à donner du souffle à l’ensemble. Le succès ayant pourtant été au rendez-vous, une suite, Gungala, la panthère nue, fut tournée un an plus tard, légèrement plus dynamique. Gungala y cesse cette fois de se contenter d’observer, pour prendre part à l’action avec l’aide de ses animaux. En cela, elle se rapprochera du personnage de Sheena, reine de la jungle, adapté à la télévision en 1955-1956 avec Irish McCalla dans le rôle-titre, puis remis au goût du jour au cinéma en 1984 par John Guillermin, avec la sculpturale Tanya Roberts.