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Meet John Doe
L’HOMME DE LA RUE
De Frank Capra
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Pour se venger d’avoir été licenciée, La journaliste Ann Mitchell (Barbara Stanwyck) prétend avoir reçu la lettre d’un inconnu poussé à la misère, qui annonce son suicide le soir de Noël. La presse s’empare du fait divers et part à la recherche de cet inconnu. Un homme quelconque (Gary Cooper), sans domicile, est engagé pour tenir, face aux médias, le rôle du suicidaire. La supercherie sera-t-elle révélée ?



POINT DE VUE

Gary CooperTrès souvent dans le cinéma de Frank Capra, on retrouve l’idée que le collectif fait ressortir la bonté de chaque individu. Dans La vie est belle (1940), les habitants d’une petite ville se cotisaient pour aider une famille nécessiteuse, tandis que dans La Grande Dame d’un jour (1933) et son remake Milliardaire pour un jour (1961), ce sont des gangsters qui aidaient une clocharde à réussir le mariage de sa fille. L’homme de la rue contient ce même message de solidarité, que le talent du réalisateur empêche d’être mièvre ou trop moralisateur.

Contrairement aux personnages naïfs et idéalistes de L’Extravagant Mr. Deeds (1936) et Monsieur Smith au Sénat (1939), John Willoughby (Gary Cooper), dit John Doe, est un opportuniste, qui accepte de participer à une supercherie médiatique, virant à la manipulation politique. Sans pour autant être cynique, il espère gagner suffisamment d’argent pour se payer une opération au bras et ainsi reprendre sa carrière dans le base-ball. A l’instar de Christian de Neuvillette dans Cyrano de Bergerac, John utilise les mots d’un autre, non pas pour séduire Roxane, mais l’opinion publique. Il se rend compte que le mensonge quand il sera révélé contrariera son projet initial de redevenir un sportif professionnel, puisqu’aucune ligue de base-ball ne voudra d’un menteur. Mais surtout, il réalise l’impact positif du fictif « John Doe » sur les gens, touchés par l’humanité qu’il véhicule. L’évolution psychologique de John l’amènera à devenir celui qu’il prétend être.

Barbara StanwyckL’intrigue insiste sur la notion que d’un subterfuge malhonnête, peut ressortir un bienfait. Ann Mitchell (Barbara Stanwyck), la journaliste à l’origine de toute l’affaire médiatique, n’est pas représentée comme une femme cupide n’y voyant qu’un moyen d’ascension professionnelle. L’argent qu’elle y gagne sert à subvenir sa famille et par la même occasion des voisins miséreux, en pleine période de crise. Auteure des textes que John récite à la radio, elle s’inspire de l’esprit charitable de son défunt père, avec pour conséquence une influence bénéfique sur la population. Dans le pays se créent des comités soutenant John Doe, qui sont en fait un moyen pour les gens de nouer des liens solidaires à l’échelle locale. Par opposition, le milliardaire D.B. Norton (Edward Arnold) à la tête du journal ayant mis en avant John Doe, n’est mué par aucun dessein altruiste, à terme il compte utiliser le soutien public autour du phénomène Doe, comme marchepied pour accéder à la présidence.

L’homme de la rue met davantage l’accent sur le drame que sur la comédie. Le film évite le pathos de façon assez habile. Plusieurs séquences ressortent, comme celle où un petit groupe de voisins vient remercier John de l’influence qu’il a eu sur eux, la gêne de l’imposteur étant alors palpable. Il y a également cette scène où Henry Connell (James Gleason), le directeur du journal, jusqu’alors dépeint comme un homme dur, explique à John quel est le but véritable de Norton, auquel il ne peut adhérer. Enfin, on retiendra la manière dont le même Norton réussira à retourner la foule venue écouter John Doe, ce dernier se retrouvant alors conspué et dans l’impossibilité de se justifier. Cinq fins furent envisagées par Capra pour L’homme de la rue. Finalement, la plus positive fut retenue. C’est dans l’ordre des choses, au vu de la filmographie de Capra.

IMAGE ET SON

Edward ArnoldLe film étant tombé dans le domaine public, il existe de nombreuses éditions de L’homme de la rue. L’image du DVD d’Artus Films, quoique restaurée, n’est pas entièrement convaincante, par son aspect flou et lisse. Seule la version originale sous-titrée en français est disponible. On remarque qu’un faux-ami a échappé à la vigilance de l’auteur des sous-titres. Ainsi, à 51’05’’, Norton déclare à propos de John Doe : « Find him ! That man is terrific ! », traduit par « Retrouvez-le ! Cet homme est terrifiant ! », alors qu’il fallait plutôt comprendre « Retrouvez-le ! Cet homme est fantastique ! » Il existe un doublage français tardif, datant des années 2000, mais il n’est pas proposé.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Films-annonces de la collection Les classiques (durée : 7’15’’)



 


Titre original : Meet John Doe
Titre français : L’homme de la rue
Réalisateur : Frank Capra
Acteurs : Edward Arnold, Walter Brennan, Gary Cooper, Barbara Stanwyck
Durée : 117’22’’
Suppléments : bandes-annonces
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1941
Format image : 1.37:1, noir et blanc
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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