Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

Un dollaro tra i denti
UN DOLLAR ENTRE LES DENTS
De Luigi Vanzi
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Un détachement de la cavalerie américaine convoie un coffret rempli d’or pour le gouvernement mexicain. Le bandit Aguila (Frank Wolff), prenant la place de l’officier chargé de la réception, le dérobe, avec l’aide d’un étranger (Tony Anthony), surgi de nulle part. Quand vient le moment du partage, Aguila n’a pas l’intention de respecter ses engagements...



POINT DE VUE

Tony Anthony Après le succès de Pour une poignée de dollars (Sergio Leone, 1964), le cinéma produit des westerns à un rythme effréné dans les années 60. Premier long-métrage de Luigi Vanzi, Un dollar entre les dents est très fortement inspiré par l’œuvre de Leone, c’est le moins que l’on puisse dire ! Un étranger dur à cuir infiltrant une troupe de bandits dans une ville déserte, pour partager un butin, le tout ponctué par une musique de Benedetto Ghiglia, lorgnant de façon appuyée vers celle d’Ennio Morricone. Il est évident qu’il s’agit là d’une production très inférieure, bien plus bon marché. À ce sujet, plusieurs problèmes de continuité plombent le film, en lui donnant un aspect bâclé (un personnage est tué par le héros, mais plus tard, il est vu chevauchant avec ses camarades, le plan est alors éloigné, mais tout de même ! Autre détail qui pique les yeux : un bébé bien chevelu change d’aspect lors d’une séquence ultérieure et n’a plus un poil sur le caillou !)

Ces réserves faites, Un dollar entre les dents est loin d’être dépourvu d’intérêt. Le choix de se dispenser le plus possible de dialogues, donne à ce western une certaine singularité. Dans la peau du héros, l’américain Tony Anthony n’a certes pas la carrure d’un Eastwood. Cependant, il a suffisamment de présence pour être crédible en aventurier en plein nid de guêpes. Dans le livret accompagnant l’édition Blu-ray / DVD sortie par Artus Films, Alain Petit affirme que l’étranger est un paumé, un loser, voire un couard. En fait c’est loin d’être évident en regardant le film. Pour un loser, il s’en tire plutôt bien et dire que c’est un couard est inexact. S’il fuit, c’est pour combattre encore. Disons qu’il s’adapte à ses adversaires, les bandits mexicains n’étant pas connus pour leur fair play quand il s’agit de se battre.

Gia Sandri Un dollar entre les dents a pour avantage de proposer une méchante inhabituelle, quoique malheureusement bien trop peu développée. Maria Pilar (Gia Sandri), dite Maruka, bras droit d’Aguila, est en effet une garce de première, une dominatrice munie d’un fouet, manifestement sexuellement excitée lorsqu’elle l’utilise sur l’étranger. Attention spoiler ! Très inattendue sera la façon dont l’étranger se débarrassera de Maruka qui, pensant pouvoir l’embrasser après l’avoir abondamment fouetté se retrouvera le crâne fracassé, tout le monde n’aimant pas le SM ! En bandit calculateur et impitoyable, Frank Wolff, vu dans de nombreux westerns, rehausse également la qualité de l’œuvre de Vanzi. Enfin, quelques touches d’humour donnent un ton parfois décalé à l’ensemble (après s’être fait passé à tabac, l’étranger, avant de s’enfuir en rampant, prend le soin de remettre son chapeau).

Homme avisé, Tony Anthony cumulera les casquettes, ou plutôt les chapeaux (de cowboy) d’acteur et de producteur exécutif. Bien lui en prendra car Un dollar entre les dents sera un succès, en particulier aux États-Unis, donnant lieu à deux suites, également dirigées par Vanzi : Un homme, un cheval et un pistolet (1967) et Le cavalier et le samouraï (1968). Acteur relativement rare, il aura un autre rôle marquant, dans Blindman, le justicier aveugle (Ferdinando Baldi, 1971), western dont Ringo Starr des Beatles jouait le méchant, et dont le héros s’inspirait clairement du personnage incarné par Shintarô Katsu à partir de Zatôichi, le masseur aveugle (Kenji Misumi, 1962).

IMAGE ET SON

Une belle copie, seulement entachée d’un grain léger. Le choix est proposé entre la version originale italienne (avec sous-titres amovibles en français) et la version française d’époque.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD / BLU-RAY

Présentation de Curd Ridel (durée : 9’17’’)
L’intervention de l’auteur de bandes dessinées Curd Ridel est particulièrement sympathique. Moins consensuel que d’habitude, il n’hésite pas à pointer du doigt les défauts du film de Luigi Vanzi, en particulier les erreurs de continuité.

Entretien avc Tony Anthony et Ron Schneider (durée : 23’41’’)
A l’occasion de la projection dans une salle américaine de Pendez-le par les pieds (Ferdinando Baldi, 1975), en octobre 2015, Tim Ferrante anime un entretien avec Tony Anthony et le producteur Ronald Schneider.

Générique français (durée : 2’57’’)

Diaporama (durée : 2’24’’)

Film-annonce en version italienne (durée : 3’19’’)

Livret 64 pages : "La saga de l’étranger", par Alain Petit
Le livret est divisé en plusieurs sections :
Genèse
Impact du film
La loi des séries : naissance d’une trilogie
Le scénario
Le réalisateur
Le compositeur
Le producteur
Les acteurs



 


Titre original : Un dollaro tra i denti
Titre français : Un dollar entre les dents
Réalisateur : Luigi Vanzi
Acteurs : Tony Anthony, Jolanda Modio, Gia Sandri, Frank Wolff
Durée : 82’58’’
Suppléments : bande-annonce, diaporama, générique français, entretiens, livret
Zones : B (Blu-ray) / 2 (DVD)
Editeur : Artus Films
Année du film : 1967
Format image : 1.85:1, couleur
Langues : français, italien
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

Acheter ce livre ou DVD sur le site : Amazon
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Fnac
Acheter ce livre ou DVD sur le site : Rakuten