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W Django !
VIVA DJANGO !
D’Edoardo Mulargia
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Django (Anthony Steffen) recherche les bandits qui ont assassiné sa femme. Pour accomplir sa vengeance, il sauve de la pendaison Carranza (Glauco Onorato), un voleur connaissant l’identité des meurtriers. Intéressé par l’argent qu’il pourrait en tirer, Carranza s’associe à Django pour retrouver le trafiquant d’armes Thompson (Riccardo Pizzuti), le capitaine Gomez (Chris Avram) et le chef de bande Jeff (Stelio Candelli).



POINT DE VUE

Anthony SteffenDurant les années fastes du western italien, le succès de Django (Sergio Corbucci, 1966) incitera des producteurs opportunistes à sortir des films contenant Django dans leur titre, sans qu’il y ait de continuité avec le héros joué par Franco Nero. Ce sera la même chose avec Ringo, Sartana et Trinita, qui engendreront eux-aussi leur lot d’ersatz. Le Viva Django ! d’Edoardo Mulargia appartient visiblement à cette veine visant à miser sur la notoriété d’un personnage. Il ne doit pas être confondu avec le métrage de Ferdinando Baldi, sorti dans certains pays, comme le Brésil, sous le même titre en 1968. Ce dernier avait l’avantage d’avoir pour acteur Terence Hill, dont la ressemblance avec Franco Nero permettait de faire croire à un rapport avec l’œuvre de Corbucci. Chose amusante qui en dit long sur l’absence de scrupules quand il s’agit de rameuter les spectateurs, le film de Baldi est d’abord sorti en France sous le nom de Django, prépare ton cercueil, puis une fois Hill devenu une vedette grâce aux deux westerns d’Enzo Barboni On l’appelle Trinita (1970) et On continue à l’appeler Trinita (1971)… il ressortira en étant tout simplement rebaptisé Trinita, prépare ton cercueil !

Pour en revenir à Viva Django !, son réalisateur Edoardo Mulargia a une filmographie jalonnée de westerns : Creuse ta fosse, j’aurai ta peau (1965), Cjamango (1967), El Puro, la rançon est pour toi (1969), Prie... et creuse ta tombe ! (1968). Puis il s’orientera en fin de carrière vers le Women in Prison, avec les plus corsés Les évadées (1980) et La fin des tortionnaires du camp d’amour n. 2 (1980). Ces deux derniers métrages feront d’ailleurs partie des sept collaborations entre Mulargia et l’acteur Anthony Steffen, dont l’une des plus fameuses est Tropique du cancer (1972). Steffen, pourvu d’un très singulier regard torpide, fut sans conteste une figure marquante du western italien, comme Franco Nero ou Giuliano Gemma, mais en étant malheureusement davantage cantonné à ce genre que ses camarades.

Riccardo PizzutiContrairement à ce que l’on pourrait croire, l’inspiration de Viva Django ! est plus à chercher dans l’univers de Leone que dans celui du Django de Corbucci. Le Django de Mulargia ne trimballe pas un cercueil et une mitrailleuse, mais se contente de porter sa selle au début. En revanche, l’alliance du héros solitaire avec Carranza, portée par la complicité évidente entre Anthony Steffen et Glauco Onorato, évoque celle entre Blondin et Tuco dans Le bon, la brute et le truand (1966). Tandis que la mission vengeresse de Django et la boite à musique qu’il présente à ses ennemis avant de les tuer, trouve de nettes affinités avec la quête du Colonel Mortimer et sa montre musicale dans Et pour quelques dollars de plus (1965).

Edoardo Mulargia compose avec des décors limités, l’action se déroulant à 80% dans une petite ville de l’Ouest qui semble avoir été vue dans une myriade de westerns spaghetti. Il faut reconnaître que le film démarre assez mollement (l’attente avant la pendaison de Carranza) et laisse présager le pire. Pourtant, une fois le rythme pris, Viva Django !, se regarde sans déplaisir, à compter d’accepter le fait que l’on voit la confrontation finale arriver à 100 lieues. Outre l’association précitée très réussie entre le bon Django et le truand Carranza contre les brutes, l’un des intérêts de Viva Django !, se trouve dans la façon ingénieuse dont Django élimine ses ennemis. On voit un homme déguisé en moine, criblé de balles par ses complices croyant tuer Django, revenir d’entre les morts pour tirer, avant que l’on comprenne que c’est la main armée de Django caché derrière le cadavre, qui sort de la robe de bure ! Autre moment mémorable, dans la lignée de la gabardine-gadget du commissaire Juve dans Fantômas se déchaîne (André Hunebelle, 1965), Django fait croire qu’il est désarmé les deux mains en l’air, avant de sortir un troisième bras de son manteau et de tirer ; une branche dans la manche lui ayant permis de faire croire à ses adversaires que ses deux bras étaient levés.