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I giorni della violenza
FURIE AU MISSOURI
D’Alfonso Brescia
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Pendant la guerre de Sécession, dans le Missouri, Clell Lee (Romano Puppo), qui travaille pour le ranch d’Evans (Andrea Bosic), est injustement tué par le capitaine nordiste Dan Clifford (Luigi Vannucchi). Johs (Peter Lee Lawrence), le frère de Lee, s’engage auprès des rebelles sudistes menés par Butch (Nello Pazzafini) pour se venger des soldats de l’Union. À la fin de la guerre, recherché pour meurtre, Johs retourne au ranch. Il y retrouve Christine (Beba Loncar), fille d’Evans et autrefois sa promise, qui est maintenant sur le point d’épouser Clifford. Johs va préparer sa vengeance.



POINT DE VUE

Peter Lee LawrenceDans la filmographie d’Alfonso Brescia, on trouve des péplums (La révolte des prétoriens, Le gladiateur magnifique), des westerns (Calibre 32, Un fusil pour deux colts), des policiers (Les contrebandiers de Santa Lucia, Miami Cops), de la science-fiction fauchée (La bataille des étoiles, La guerre des robots et même de la science-fiction érotique, avec La bestia nello spazio (1980), tourné en deux versions (soft et hardcore). Très singulier, on y voyait dans ce dernier Venantino Venantini jouant un Han Solo du pauvre, coincé sur une planète d’où surgissait un centaure en chaleur, fort bien pourvu par la nature. S’agissant du plus sage Furie au Missouri, il appartient à la catégorie de westerns ayant pour toile de fond la Guerre de Sécession. Comme dans Les prairies de l’honneur (Andrew V. McLaglen, 1965), le scénario s’efforce de développer un point de vue contrasté : les Nordistes n’étaient pas forcément les bons immaculés et les Sudistes les mauvais irrécupérables, dans un conflit complexe et fratricide.

L’acteur allemand Peter Lee Lawrence aura une carrière en étoile filante, puisqu’il tournera de 1965 à 1974, avant de malheureusement décéder à 30 ans d’un cancer. Il aura eu le temps de laisser sa trace dans pas moins de 17 westerns. Dans Furie au Missouri, il incarne le héros Johs, dont on suit le parcours pendant la Guerre de Sécession et peu de temps après. Pacifique, Johs se résout pourtant à aller contre ses principes après la mort de son frère et de Lizzy (Rosalba Neri), l’épouse de celui-ci. Rejoignant des rebelles sudistes se battant contre les soldats nordistes ayant envahi le Missouri, Johs doit tuer et voler. Les combattants d’un côté ou de l’autre se comportant au final de la même façon ; comme des soudards. Pour autant, il ne sera pas perverti par la violence et demeurera intègre. Il s’oppose en cela au personnage du professeur Brett Fletcher (Gian Maria Volontè) dans Le dernier face à face (Sergio Sollima, 1967), qui de lettré inoffensif se transformait en tueur sans pitié, quitte à dégoûter Solomon ‘Beauregard’ Bennet (Tomas Milian), le hors la loi qui l’avait intégré dans sa bande.

Andrea BosicLa partition lyrique mais omniprésente de Bruno Nicolai tend à lasser à la longue, tandis que le long-métrage tire un peu trop sur la corde du drame, au détriment de l’action. Les femmes ne sont pas à la fête dans Furie au Missouri, puisque Rosalba Neri, puis Beba Loncar doivent chacune subir une tentative de viol. On regrettera aussi que le personnage de Nathan (Harold Bradley), l’employé noir du propriétaire sudiste Evans, ne soit pas plus étoffé, alors qu’il y avait des opportunités de le faire. Ainsi, Nathan, en voyant arriver Clifford au ranch après la guerre, reconnaît immédiatement en lui l’assassin de Clell. Pourtant, il ne divulguera pas cette information cruciale à Johs, toujours à la recherche du tueur de son frère.

L’atout de Furie au Missouri, est certainement la galerie de saligauds auxquels se retrouve confronté Johs, tout au long de son parcours. Il y a tout d’abord Hank (Lucio Rosato), le scélérat par qui toute la tragédie commence une fois qu’il est viré du ranch après avoir tenté de prendre des libertés avec Lizzy. Le capitaine Clifford est aussi bien répugnant, en profitant de son autorité militaire pendant et après la guerre pour commettre des exactions. Butch, incarné par Nello Pazzafini, habitué aux rôles de méchants dans les films avec Bud Spencer, n’est pas moins odieux. Au départ, il semble assez sympathique en combattant proche des frères Lee, puis son vrai visage de brute prend progressivement le dessus. Enfin, Evans n’est pas en reste non plus. Cloué sur sa chaise roulante il n’a certes pas de sang sur les mains, mais son obsession pour son ranch le rend particulièrement déplaisant. Il est en effet prêt à toutes les compromissions pour s’assurer de la survie de ses terres, en allant même jusqu’à promettre sa fille à Clifford, son ennemi d’hier.