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Nightmare Cinema
NIGHTMARE CINEMA
De Alejandro Brugués, Joe Dante, Mick Garris, Ryûhei Kitamura et David Slade
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Cinq inconnus se retrouvent dans une salle de cinéma hantée appartenant à un étrange projectionniste (Mickey Rourke). Au fil de ces histoires terrifiantes, vous découvrirez leurs peurs les plus profondes et leurs secrets les plus sombres. Quitteront-ils ce cinéma de l’horreur sain et sauf ou est-ce leur dernière séance ?



POINT DE VUE

Sarah Elizabeth WithersJamais tombé en désuétude, le film fantastique à sketches est un genre qui contient de nombreuses perles. En Angleterre, dès l’après-guerre, les anglais Ealing tapèrent fort avec Au cœur de la nuit (1945), tandis qu’au milieu des années 60 jusqu’au début des années 80, la firme Amicus signa de très recommandables titres comme Le train des épouvantes (1965), Le jardin des tortures (1967), La maison qui tue (1971), Histoires d’outre-tombe (1972), Asylum (1972), Frissons d’outre-tombe (1974), et Le club des monstres (1981). L’Italie et le Japon ne furent pas en reste, avec les mémorables Les Trois Visages de la peur (1963) du grand Mario Bava et Kwaidan (1964) de Masaki Kobayashi. Rare incursion de La France dans le genre, Histoires extraordinaires (1968), co-produit par l’Italie, valut surtout pour sa partie italienne, Toby Dammit, mise en scène par Federico Fellini adaptant librement Edgar Allan Poe. Les États-Unis mirent aussi leur pierre à l’édifice avec L’empire de la terreur (1962), Creepshow (1982), La quatrième dimension - le film (1983), Train express pour l’enfer (1985), et Darkside, les contes de la nuit noire (1990).

Plus récemment, la bonne surprise est venue de l’Italie, avec tout d’abord I tre volti del terrore (2004), qui permettait au regretté John Phillip Law de briller dans tous les segments de ce film méconnu, puis Fantasmi (2011) et Catacomba (2016) qui, bien que tous deux très en deçà de tous les titres précités, avaient un charme indéniable. L’américain, Trick ’r Treat (2007) et le canadien A Christmas Horror Story (2015), avec pour thématiques respectives Halloween et Noël, s’avéraient très inventifs. Quant à V/H/S (2012), il tirait son épingle du jeu principalement grâce au segment Amateur Night, dans lequel Hannah Fierman était tout simplement stupéfiante en succube. V/H/S/2 (2013) tenait encore la distance grâce à Safe Haven et son ambiance chaotique très bien rendue, tandis qu’hélas, V/H/S Viral (2014) n’avait plus grand-chose à proposer. Enfin, mention honorable aux britanniques Jeremy Dyson et Andy Nyman, dont le Ghost Story (2017), avec le remarquable Martin Freeman, arrivait à apporter un souffle d’inattendu bien appréciable. S’il ne brille pas par son originalité, et qu’il a le défaut de nombreuses anthologies – à savoir de contenir des segments de qualité inégale – Nightmare Cinema a sa place parmi les bons petits films horrifiques à sketches.

Wraparound : The Projectionist (Direction : Mick Garris)

Cinq inconnus entrent successivement dans un cinéma désert. Chacun réalise que sur l’écran, est projeté un film d’horreur dont il est la victime.

Mickey RourkeThe Projectionist est le segment servant à lier entre elles les cinq histoires dirigées chacune par un réalisateur différent, ayant fait ses preuves dans le cinéma d’épouvante : Alejandro Brugués (Juan de los muertos), Joe Dante (Hurlements, Gremlins), Mick Garris (Critters 2, La nuit déchirée), Ryûhei Kitamura (Versus l’ultime guerrier) et David Slade (30 jours de nuit). Dans le personnage méphistophélique du projectionniste, Mickey Rourke tient le même rôle de la fatalité, que Peter Cushing dans Le train des épouvantes, Ralph Richardson dans Histoires d’outre-tombe, ou encore John Phillip Law dans I tre volti del terrore.

Segment 1 : The Thing in the Woods (Direction : Alejandro Brugués)

Partis à la campagne pour faire la fête, Samantha (Sarah Elizabeth Withers) et ses amis sont attaqués par un mystérieux tueur habillé en soudeur. Pourra-t-elle lui échapper ?

Deux pour le prix d’un. En une vingtaine de minutes, Alejandro Brugués fait un savant condensé des slashers où de jeunes adultes se font trucider et des films d’invasion de monstres. C’est rapide, efficace, à défaut d’être très original.

Segment 2 : Mirari (Direction : Joe Dante)

Anna (Zarah Mahler) est une jeune femme avec une joue balafrée. Son fiancé David (Mark Grossman) l’incite à passer sous le bistouri du Docteur Leener (Richard Chamberlain).

Zarah MahlerCet épisode fait très fortement penser au plus réussi Dr.Lifting, segment contenu dans le précité I tre volti del terrore. On y voyait une jeune comédienne aller chez un chirurgien esthétique joué par John Phillip Law, dans l’espoir de ressembler à sa meilleure amie dont elle enviait la beauté. On se doute bien que le côté rassurant du praticien, interprété par Richard Chamberlain, cache une personnalité plus inquiétante, comme c’était le cas pour le Dr.Lifting. Difficile d’imaginer que c’est Joe Dante qui est aux manettes de cette histoire au grotesque assez vain.

Segment 3 : Mashit (Direction : Ryûhei Kitamura)

Dans une école catholique, un démon prend possession des élèves. Le père Benedict Abuelo (Maurice Benard) et la sœur Patricia (Mariela Garriga) vont tenter de s’opposer à lui.

Ryûhei Kitamura, qui avait réalisé le film de zombie bien secoué Versus l’ultime guerrier, signe un curieux segment à l’ambiance poisseuse, évoquant l’univers de Dario Argento, période Suspiria (1977), avec un zeste de L’exorciste (1973). On appréciera la touche iconoclaste de l’ensemble, puisqu’on y rencontre un prêtre et une nonne fornicateurs, n’hésitant pas à occire à l’épée des enfants possédés, à grand renfort de giclées sanglantes, afin de bouter le démon coûte que coûte hors de l’école.