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Affiche censurée !
LE BIJOU D’AMOUR
De Patrice Rhomm
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Le journaliste Adrien Gomm (Jacques Manteil), est chargé par Gordona Zaric (Brigitte Lahaie) de faire un reportage pour le prochain numéro de l’émission de radio qu’elle produit, « Confidences de l’étrange ». Adrien choisit d’interviewer Hugo De Baal (Carmelo Petix), qui affirme avoir percé le secret des succubes, ces créatures démoniaques prenant une apparence féminine pour tenter les ermites. Chemin faisant, il rencontre près d’un cimetière une mystérieuse femme (Lydia Carol), lui proposant de faire l’amour avec lui, s’il achète pour 500 francs une bague ayant appartenu à Casanova, et dotée de propriétés fantastiques : tant qu’il la portera, il sera irrésistible auprès des femmes. Mais la transaction faite, la drôlesse prévient alors Adrien qu’il doit se débarrasser de cette bague avant une semaine, faute de quoi il sera damné…



POINT DE VUE

Brigitte Lahaie et Jacques Manteil Bien plaisant pour les amateurs des 70ies, Le bijou d’amour est l’un des quelques films réalisés par Patrice Rhomm, auteur, scénariste, cinéaste dont l’œuvre est marquée par une prédilection pour l’érotisme et le fantastique. On lui doit notamment Draguse ou le manoir infernal (1976) et surtout Elsa Fräulein SS (1977), sympathique petit film de guerre produit par Eurociné, surfant à l’époque sur la vague de la Nazisploitation, mais de manière bien plus soft que les Italiens. On retrouve également Rhomm comme l’un des scénaristes du très intéressant Au service du diable (Jean Brismée, 1971), dans lequel Erika Blanc incarnait une succube qui semait la zizanie dans un château, parmi sept convives représentant les sept péchés capitaux. Ce n’est donc pas un hasard s’il est aussi question de succube dans Le bijou d’amour, puisque le héros Adrien se retrouve au cours de son aventure dans une demeure remplie de démones, dont les bien belles Danielle Troger et Pamela Stanford.

Curieusement, le docteur Francis Serg (Thierry de Brem), dont la femme Jeannette (Céline Gallone) a fait une rencontre avec la fille du cimetière, comme plus tard Adrien, parle des succubes au masculin, alors qu’en fait leur pendant mâle est l’incube. Il suffit pour s’en convaincre de revoir le film en esperanto avec William Shatner Incubus (Leslie Stevens, 1966), ou le métrage homonyme de John Hough avec John Cassavetes tourné en 1981.

Lydia Carol Le bijou d’amour fonctionne un peu sur la même dynamique que le méconnu 2069 A.D. (Sam Kopetzky, 1969), avec Marsha Jordan, dans lequel l’élément surnaturel du scénario (un anneau permettant de voyager dans le temps) servait surtout à lier ensemble des scènes de plumard ! Dans le long-métrage de Rhomm, il n’y a pas moins de quinze séquences érotiques. La plupart du temps, les ébats d’Adrien et sa conquête du moment sont immédiatement suivis par d’autres échanges intimes dans une grotte, observés par l’ombre de Cagliostro. Ce transport dans cette grotte sinistre a pour effet d’insister sur les pouvoirs maléfiques de l’anneau, et la damnation qui attend celui qui n’arrivera pas à s’en débarrasser avant la date fatidique de sept jours, en le vendant à un autre, histoire que la malédiction se perpétue.

Cette idée de bague magique, a priori bénéfique mais finalement très dangereuse, évoque en vérité moins le ‘précieux’ objet rendant invisible du Seigneur des anneaux de Tolkien, que La Main du diable (Maurice Tourneur, 1943), dans lequel une main gauche passait d’un propriétaire à l’autre en semant d’abord félicité puis désolation dans la vie de chacun de ses acquéreurs successifs. On remarque toutefois qu’Adrien ne prend que très tardivement conscience du drame dont il est victime. Cartésien, il ne croit pas trop aux vertus de sa bague, et ne fait donc aucun effort pour s’en débarrasser, malgré les mises en garde de Claire (Joëlle Le Quément), sa collègue éprise de lui. Quant aux succubes précitées, elles couchent avec Adrien pour absorber sa force vitale, et qu’il dépérisse jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour échapper à l’emprise de la bague.

Pamela Stanford De façon moins poétique et baroque Le bijou d’amour fait penser à l’univers de Jean Rollin, à qui Rhomm rend d’ailleurs hommage puisqu’est affiché dans le bureau de Claire la superbe affiche de Lèvres de sang (1974) illustrée par Caza. On retrouve dans le film l’une des figures marquantes du cinéma de Rollin en la personne de la gracieuse Brigitte Lahaie. À ce sujet, la jaquette du DVD L.C.J. vend clairement Le bijou d’amour sur l’unique nom de Brigitte Lahaie. Pourtant, il ne faut pas se tromper, celle-ci n’y apparaît malheureusement que moins de trois minutes, le temps de se faire trousser par Adrien dans le studio diffusant l’émission de radio « Confidences de l’étrange ». On remarquera qu’à l’instar d’Alfred Hitchcock ou de Paul Bartel, Patrice Rhomm fait une apparition dans son métrage, en jouant Bernard, le collègue de Claire et Adrien.

IMAGE ET SON

Une copie assez propre, manifestement restaurée, même si l’on repère souvent de nombreux points blancs sur l’image. Le producteur délégué et directeur de production du film de Rhomm n’est autre qu’André Chelossi, qui a dirigé de nombreux doublages de films, en particulier d’arts martiaux, dans les années 70-80 (par exemple Les derniers jours du dragon (Chien Lei, 1974), Le vengeur du karaté (Chang-Shi Lin, 1976), et Le cri de la mort (Joseph Kong, 1977). Le bijou d’amour étant post-synchronisé, il est fort possible que Chelossi se soit chargé de la direction artistique.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Bande-annonce (durée : 2’20’’)
La voix du narrateur de la bande-annonce n’est autre que celle de Michel Barbey, dirigé par Chelossi sur le doublage du précité Les derniers jours du dragon, mais aussi de SS Représailles (George Pan Cosmatos, 1973).



 


Titre original : Le bijou d’amour
Réalisateur : Patrice Rhomm
Acteurs : Lydia Carol, Brigitte Lahaie, Jacques Manteil, Pamela Stanford, Danielle Troger
Durée : 81’03’’
Suppléments : bande-annonce
Zone : 2
Editeur : L.C.J.
Année du film : 1978
Format image : 1.33:1, couleur
Langue : français
Sous-titrage : aucun
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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