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Hands of a Stranger
LES MAINS D’UN ÉTRANGER
De Newt Arnold
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Célèbre concertiste virtuose du piano, Vernon Paris (James Noah) perd ses mains dans un accident de voiture. Le docteur Harding (Paul Lukather) tente une opération très audacieuse et lui greffe les mains d’un gangster assassiné le même soir par un gang rival. Convalescent, Vernon devient obsédé par l’idée que ses nouvelles mains sont dotées d’une vie propre et le forcent à commettre des actes de violence, se venger du chauffeur responsable de son accident et du chirurgien qui l’a opéré.



POINT DE VUE

James Noah Peu Prolifique, Newt Arnold n’a mis en scène que trois films, dont Bloodsport (1988), qui offrait à Jean-Claude Van Damme son premier rôle principal. En revanche, en qualité de premier assistant réalisateur, on retrouve son nom sur plusieurs métrages de Sam Peckinpah (Junior Bonner, Guet-apens, Pat Garrett et Billy le Kid, Tueur d’élite, Le convoi) et une pléthore de succès cinématographiques (La tour infernale, Blade Runner, WarGames, Les Goonies, Abyss, L’enfer du devoir). Avec Les mains d’un étranger, il adapte officieusement le roman de Maurice Renard Les mains d’Orlac, dont les versions au cinéma les plus célèbres sont celles de Karl Freund en 1935, avec Peter Lorre, et d’Edmond T. Greville en 1960, avec Mel Ferrer, Christopher Lee et Dany Carrel.

De prime abord, Les mains d’un étranger fait présager le pire, en se concentrant longuement, avec un ton mélodramatique, sur les affres du pianiste ne supportant pas d’avoir des mains greffées. Les dialogues très ampoulés, dans lesquels le mot « beauté » ne cesse de revenir, n’améliorent pas le sentiment d’assister à une purge. Ainsi, avant le drame qui va lui coûter ses mains, voici ce que dit l’artiste Vernon Paris au chauffeur de taxi dont le fils apprend le piano : « Assurez-vous de lui apprendre à créer de la beauté, c’est quelque chose qui ne se perd jamais, une fois obtenue, la beauté vous suit toute votre vie. », ou encore : « Dites-lui que la plupart des gens se battent pour rien, les vrais ennemis en ce bas monde sont les ennemis de la beauté, c’est la seule chose pour laquelle il devra se battre. » Bien crispante est également la crise d‘hystérie de Dina Paris (Joan Harbey), lorsqu’elle apprend que l’aventureux chirurgien Harding a remplacé les mains broyées de son frère par celles d’un mort.

Joan Harvey Pourtant, à mi-parcours, Les mains d’un étranger prend un tournant inattendu plutôt réjouissant. Attention spoilers ! En effet, alors que dans Les mains d’Orlac, versions 1935 et 1960, le héros innocent était victime d’une machination visant à lui faire croire qu’il était un assassin en puissance, parce qu’on lui avait greffé les mains d’un criminel, Arnold opte pour une approche bien plus noire et pessimiste. Ne supportant pas l’idée d’avoir les mains d’un autre (et tout en ignorant jusqu’à la fin que ces appendices étaient ceux d’un gangster), incapable dorénavant de jouer du piano, Vernon Paris devient rapidement un psychopathe doublé d’un serial killer.

Après la mort accidentelle d’Eileen (Elaine Martone), sa garce de petite amie, prenant feu dans son appartement, Paris se met sans état d’âme à semer le chaos, en tuant le gamin du chauffeur responsable de son accident, puis les membres de l’équipe médicale ayant participé à l’opération de chirurgie « réparatrice ». La scène avec l’enfant Skeet (insupportable Barry Gordon), ayant eu l’imprudence de faire entrer chez lui le pianiste déséquilibré est à ce titre assez efficace et malsaine, le spectateur sachant bien qu’il n’est pas bon pour les très jeunes restés seuls de faire confiance aux étrangers sonnant à la porte…

Paul Lukather Dans cette modeste production, la distribution est composée d’acteurs masculins peu connus, dont plusieurs feront carrière dans le doublage de dessins animés (Barry Gordon, Paul Lukather, Michael Rye). C’est du côté des femmes blondes que les visages sont plus familiers des cinéphiles. Irish McCalla, qui joue l’infirmière Holly, était auparavant l’héroïne de la série Sheena : Queen of the Jungle (1955-1956). Quant à Sally Kellerman, incarnant fugacement Sue, la fiancée de l’interne Ross (Ted Otis), à qui elle reproche de privilégier son travail sur sa vie de couple, elle a notamment collaboré durant sa longue filmographie avec Robert Altman (M.A.S.H., Brewster McCloud, Prêt-à-porter).

IMAGE ET SON

Une belle copie, sans défauts majeurs. Inédit en France, le film n’a jamais été doublé, il faut donc se contenter de la version originale anglaise, avec des sous-titres français amovibles.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Films-annonces de la collection Les classiques (durée : 2’11’’)



 


Titre original : Hands of a Stranger
Titre français : Les mains d’un étranger
Réalisateur : Newt Arnold
Acteurs : Joan Harvey, Paul Lukather, Irish McCalla, James Noah
Durée : 82’01’’
Suppléments : bandes-annonces
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1962
Format image : 1.85:1, noir et blanc
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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