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Drums in the Deep South
LE ROCHER DU DIABLE
De William Cameron Menzies
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Durant la Guerre de sécession, deux amis de promotion à West Point, les majors Clayburn (James Craig) et Denning (Guy Madison), se retrouvent dans les camps opposés. Clayburn qui se bat pour le Sud prend possession d’un pic rocheux d’où ses hommes pourront stopper à coup de canon un train d’approvisionnement nordiste défendu par le major Denning. Ralliée à la cause du Sud et éprise de Clay, Kathie Summers (Barbara Payton) va tenter d’éviter l’affrontement des deux ex-amis.



POINT DE VUE

James Craig Directeur artistique et décorateur réputé, William Cameron Menzies a réalisé quelques films, parmi lesquels figurent des perles du fantastique : La vie future (1936), Les envahisseurs de la planète rouge (1953) et The Maze (1953). Avec Le rocher du diable, il s’attaque au western, période Guerre de sécession, avec un certain talent et un budget réduit. L’un des scénaristes n’est autre que Philip Yordan, qui a participé à l’écriture d’un bon nombre de grands films hollywoodiens (Johnny Guitare, Plus dure sera la chute, Côte 465, La Chevauchée des bannis), a non seulement été lauréat d’un Oscar de la meilleure histoire originale en 1955 pour La Lance brisée, mais aussi auteur servant de prête-nom à plusieurs collègues blacklistés durant l’ère maccarthiste.

Comme le faisait le western italien Furie au Missouri (Alfonso Brescia, 1967), le métrage de Menzies est davantage du côté des Sudistes, que des Nordistes, présentés comme des envahisseurs. On pense également à la série Nord et Sud (1985), à la vue de ce drame où deux amis se retrouvent dans des camps adverses, durant le conflit qui déchira les États-Unis de 1861 à 1865. Le début de l’intrigue est trompeur, en faisant craindre un triangle amoureux sur fond de guerre fratricide, avec un mari dans une armée, l’amant dans une autre et la femme entre les deux.

Barbara Payton Mais contre toute attente, Le rocher du diable prend un tout autre chemin. Braxton, l’époux de Kathie, tout comme Clay, l’homme qu’elle aurait préféré épouser, se battent tous les deux pour le Sud, tandis qu’il revient à leur ami commun Will d’être celui qui combat dans les rangs nordistes. Braxton est rapidement exclu de l’histoire, qui suit principalement la mission périlleuse de Clay, à la tête de soldats devant convoyer des canons jusqu’en haut d’une colline en passant par les grottes qui la parcourent. L’objectif est de canonner les trains de ravitaillement nordistes passant à proximité. Kathie, assignée dans sa résidence occupée par les troupes de l’Union, peut à loisir espionner les militaires et renseigner Clay sur les projets de leurs ennemis communs. Cela se complique lorsque Will, est chargé par son commandement de mettre fin aux pilonnages orchestrés par Clay du haut du pic rocheux.

Attention spoiler ! À l’ère où le cinéma américain devait se conformer à la morale du code Hays, montrer une femme prête à partir avec son amant qu’elle a toujours préféré à son mari, laisse à penser que la fin sera tragique pour les deux « pécheurs ». Cela ne manque pas avec Le rocher du diable, puisque Kathie et Clay seront réunis dans la mort, lors de l’explosion de la colline. Au moins ils ne s’entretuent pas comme Pearl et Lewt dans Duel au soleil (King Vidor, 1945).

Guy Madison Si Le rocher du diable est une petite production, sa distribution est son atout principal. Visage le plus familier du lot, Guy Madison, aura une carrière fructueuse dans le western tout d’abord dans son pays (La rivière des massacres, La poursuite dura sept jours, La charge des tuniques bleues, La vengeance de l’indien, Le shérif d’El Solito), puis en Italie (Les Cinq de la vendetta, Sept winchester pour un massacre, Le retour de Django, Ringo ne devait pas mourir). Au vu de sa filmographie très limitée, il est assez triste de découvrir que Barbara Payton, ayant auparavant joué avec James Cagney dans Le fauve en liberté (Gordon Douglas, 1950), Gary Cooper dans Dallas, ville frontière (Stuart Heisler, 1950) et Gregory Peck dans Fort invincible (Gordon Douglas, 1951), sombra très rapidement dans l’alcoolisme. Le rocher du diable est malheureusement l’un de ses derniers films avant sa dégringolade dans la marginalité.

IMAGE ET SON

Le film étant tombé dans le domaine public, il existe en circulation des copies de qualités diverses. Celle proposée par Artus Films fait son âge, avec une image aux nombreuses imperfections, comme des pixels parfois visibles. Inédit en France, Le rocher du diable n’est disponible qu’en version originale sous-titrée en français.






SUPPLÉMENTS DE L’ÉDITION DVD

Films-annonces de la collection Les classiques (durée : 2’11’’)



 


Titre original : Drums in the Deep South
Titre français : Le rocher du diable
Réalisateur : William Cameron Menzies
Acteurs : James Craig, Guy Madison, Barbara Payton, Craig Stevens
Durée : 83’01’’
Suppléments : bandes-annonces
Zone : 2
Editeur : Artus Films
Année du film : 1951
Format image : 1.37:1, couleur
Langue : anglais
Sous-titrage : français (amovible)
Son : Dolby Digital Mono 2.0

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