lundi 22 février 2021

Archives : le doublage de "Flamingo Road"

En ce début de 1983, la société SOFI (disparue en 2009) effectue le doublage de la série américaine Flamingo Road pour la Belgique car la France ne l'a pas encore achetée. Elle sera diffusée 3 ans plus tard par La Cinq et FR3 et compte 39 épisodes répartis sur 2 saisons.

Sur les photos ci-dessous, on peut apercevoir certaines comédiennes du doublage : Anne Rochant (à gauche, de face) prête sa voix à la brune Cristina Raines tandis que Marion Game (à droite, de face) double la blonde Stella Stevens.





(c) La Gazette du doublage - 2021

dimanche 13 septembre 2020

Archives : Mireille Mathieu 007

En 1967, la Columbia distribue le célèbre pastiche du roman de Ian Fleming Casino Royale et confie le doublage à la société de doublage Lingua Synchrone de Richard Heinz. C'est Edgar Kuhn, le représentant français de la firme américaine, qui se charge de la direction artistique et engage les cadors de la profession : Michel Roux, Nelly Benedetti, Gabriel Cattand, Gérard Hernandez, Régine Blaess, Georges Aminel...

Kuhn décide également que la chanson du film The Look of Love par Dusty Sprinfield, qui figure dans une scène du film, sera adaptée dans les doublages européens (France, Allemagne et Italie) et interprétée par Mireille Mathieu, la grande vedette de la chanson du moment. En France, la chanson s'appelle Les Yeux de l'amour et est adaptée par le parolier Gérard Sire et non par Fred Savdié, l'adaptateur des dialogues du film.

Fait inhabituel, dans la copie d'époque du film, on peut apercevoir le visage de la chanteuse en mouvement lors du générique de début. L'article de France Soir du 22/10/1967 en témoigne et nous l'avons constaté par nous-même lors d'une projection du film dans un cinéma municipal il y a une trentaine d'années. Hélas, cette copie, déjà assez abimée et partiellement coupée (la scène de la danse de Mata Bond n'y figure plus) est en voie de disparition puisque lors des passages du film à la télévision, le générique avec titrage français a été refait : nous ne voyons plus le visage de Mireille Mathieu et le titre de la chanson comporte une coquille (Les Yeux d'amour). Le DVD et le blu-ray, quant à eux, ne contiennent que le générique international avec la mention de la chanson et de l'interprète originales.





(Remerciements à Vincent Dorneau et au forum doublage francophone)

(c) La Gazette du doublage - 2020

samedi 6 juin 2020

Archives : Isy Pront de la Paramount

Pour ceux qui s'intéressent à la mémoire du doublage français, il y a un nom qui apparait systématiquement sur les cartons de doublage des films distribués par la Paramount puis par Cinéma International Corporation (CIC) (regroupement de Paramount et Universal en 1970, et de MGM en 1974), de l'après-guerre au début des années 80, celui d'Isy Pront.


(de gauche à droite : Isy Pront et la star américaine Danny Kaye sur le plateau de tournage du film "La doublure du général" en 1960. C'est Yves Furet qui le double en français dans ce film.)

Isidore (ou Isy) Pront, né le 7 décembre 1909, entre à la Paramount en 1934 (on ne sait pas précisément quelle est sa fonction dans ces années 30). Par la suite, il devient le directeur technique français de la firme américaine située au 1 rue Meyerbeer à Paris 9e (dans le même bâtiment que l'ancien cinéma Paramount Opéra devenu Gaumont). Son travail consiste à superviser tous les travaux techniques et artistiques, à engager les auteurs de doublage, de sous-titrage et les directeurs artistiques.

Ainsi il travaille avec les auteurs-adaptateurs suivants : Jean Mauclair, Charles Vinci, Claude-Jean Bonnardot, Marcel Lebreton, Claude A. Grosjean, Maurice Griffe, Louis Sauvat, Fred Savdié, Gérald Devriès, Jean Lagache, Maria Signorini, Max Piquepé... Et les directeurs artistiques : André Gerbel, Maurice Dorléac, Claude Péran, Jean Devaivre, Serge Nadaud, Roland Ménard, Marc Cassot, Jean Lagache, Jacques Thebault...

Isy Pront enregistre ses doublages essentiellement à Franstudio à Saint-Maurice, rue des Réservoirs, mais aussi chez Général Productions rue Condorcet ou encore aux studios CTM à Gennevilliers. Par la suite, les enregistrements se font également aux laboratoires GTC à Joinville-le-Pont. Sous sa direction, Paramount puis Universal et MGM vont connaître de grands succès avec les films suivants : Sous le plus grand chapiteau du monde (VF : Jean Mauclair et Charles Vinci, 1952), L'homme des vallées perdues (VF : Marcel Lebreton, 1953), Psychose (VF : Claude-Jean Bonnardot, 1960), Diamants sur canapé (VF : Maurice Griffe, 1961), Drôle de couple (VF : Serge Nadaud, 1968), Rosemary's Baby (VF: Geneviève Le Forestier, 1968), Love Story (VF : Jean Lagache, 1970), Le Parrain (VF : Eric Kahane, 1972), Les trois jours du Condor (VF : Christian Dura, 1975), La Fièvre du samedi soir (VF : Gérald Devriès, 1977), Grease (VF : Max Piquepé, 1978), Les Aventuriers de l'arche perdue (VF : Max Piquepé, 1981)...


(de gauche à droite : Isy Pront et Yves Montand dans un aéroport parisien en 1961. La presse reporte que Montant double seul le film "Ma Geisha" dans les studios de Titra à New York alors que la version française - pour les autres comédiens - est adaptée et dirigée par Claude Péran en région parisienne.)

Durant sa carrière en tant que directeur de la synchronisation, Isy Pront, travaille sous la responsabilité des dirigeants français de la Paramount puis de CIC parmi lesquels : Henri Michaud, Henri Klarsfeld et Daniel Goldman. Il collabore aussi avec Odette Ferry, la directrice de la publicité de la Paramount, proche d'Alfred Hitchcock.

Sa nièce Françoise - fille de l'ingénieur du son Alex Pront - se souvient qu'Isy habitait rue Thimonnier dans le même immeuble que Jacques Barclay. Tous les matins une voiture venait le chercher pour le conduire à son bureau rue Meyerbeer, au siège de la Paramount. Elle nous raconte aussi que son oncle - qui était marié mais sans enfant - la considérait un peu comme sa fille et l'avait invitée notamment à la Première parisienne du film Love Story en 1971, un grand moment pour elle.

Vers 1981, après une longue carrière au service du cinéma américain, Isy Pront passe la main à Pierre Capozzi comme directeur technique (ce dernier épouse en 1961 la comédienne Dominique Page, une voix du doublage). Isy nous quitte le 9 juin 1988 à près de 79 ans.


QUELQUES EXEMPLES SUPPLEMENTAIRES :

Auteurs de doublage : Jean Mauclair (Une place au soleil, 1951 - Vacances romaines, 1953), Charles Vinci (La piste des éléphants, 1954), Claude-Jean Bonnardot (L'homme qui en savait trop, 1956 - Le Délinquant involontaire, 1967), Charles Vinci et Claude-Jean Bonnardot (Les Dix Commandements, 1956), Marcel Lebreton (La Neige en deuil, 1956 - Règlement de compte à OK Corral, 1957 - La plus grande aventure de Tarzan, 1959 - Violence au Kansas, 1959 ), C.A. Grosjean (Tueurs de feu à Maracaïbo, 1958) - Maurice Griffe (La Fille à la casquette, 1963), Louis Sauvat (Les Ambitieux, 1964), Fred Savdié (Une certaine rencontre, 1963 - Nevada Smith, 1966 - Un Amant dans le grenier, 1968 - Pookie, 1969 - Catch 22, 1970), Gérald Devriès (L'Espion qui venait du froid, 1965 - American Gigolo, 1980), Jean Lagache (Cours après moi shérif, 1977 - Tu fais pas le poids shérif, 1979), Maria Signorini (L'Evadé d'Alcatraz, 1979)...

Directeurs artistiques : André Gerbel (Sous le plus grand chapiteau du monde, 1952 - Vacances romaines, 1953), Marie Francey et André Gerbel (La Main au collet, 1955), Maurice Dorléac (L'homme qui en savait trop, 1956 - Le Délinquant involontaire, 1957 - Psychose, 1960 - La Taverne de l'Irlandais, 1963 - L'Espion qui venait du froid, 1965 - Cent dollars pour un shérif, 1969), Claude Péran (La Neige en deuil, 1956 - Règlement de compte à OK Coral, 1957 - Le dernier train de Gun Hill, 1959 - Violence au Kansas, 1959), Jean Devaivre (Une certaine rencontre, 1963), Serge Nadaud (Boeing Boeing, 1965), Jacqueline Monchablon et Jacques Barclay (Paradis Hawaïen, 1966), Roland Ménard (Un Amant dans le grenier, 1968), Marc Cassot (La Fièvre du samedi soir, 1977 - Les Aventuriers de l'Arche perdue, 1981), Jean Lagache (Star Trek, 1980), Jacques Thebault (Le Chasseur, 1980)...

(Remerciements à Françoise Pront, épouse Martin)

(c) La Gazette du doublage - 2020

samedi 5 octobre 2019

Bond 25 : Mourir peut attendre

En ce James Bond Day (Dr No est sorti le 5 octobre 1962 en Angleterre), Universal Pictures France annonce que le titre français de No Time to Die est Mourir peut attendre et dont le doublage sera à nouveau dirigé par Michel Derain avec une adaptation française de Pierre Arson.



(c) La Gazette du doublage - 2019