samedi 28 novembre 2020

Décès du comédien Patrick Osmond

La liste des comédiens, bien connus au doublage, s'allonge encore, hélas, en cette fin d'année. Nous avons appris il y a quelques jours le décès de Patrick Osmond. Homme de théâtre et de cinéma (il a joué notamment dans le film La Nuit de Varennes en 1982), Patrick s'est mis à la synchro à la fin des années 80 en prêtant sa voix au personnage de Jack Abbott dans le soap Les Feux de l'amour. Après cet "apprentissage", la repéreuse de talent et directrice artistique Jenny Gérard lui propose de prêter sa voix à Michael Keaton dans les Batman de Tim Burton (à partir de 1989) au côté de Michèle Buzynski (Kim Basinger). Quelques années plus tard, Jenny lui donnera à doubler l'acteur Ralph Fiennes dans Chapeau melon et bottes de cuir (1998). Très à l'aise chez les acteurs britanniques auxquels il apporte un certain flegme, il prête sa voix à Lord Beckett (Tom Hollander) dans Les Pirates des Caraïbes (2006 et 2007), au diabolique professeur Moriarty (Jared Harris) dans Sherlock Holmes (2009) et en 2010, il est choisi par Roland Timsit pour incarner vocalement le rôle de Mycroft Holmes (Mark Gatiss, comédien et créateur de la série en question) pendant 5 saisons. Les fans des Avengers (de 2015 à 2018) se souviendront de son interprétation de Vision (Paul Bettany), un de ses derniers grands rôles.

(Crédit photo : Rémi Carémel)

(c) La Gazette du doublage - 2020

jeudi 5 novembre 2020

Décès de Claude Giraud (1936-2020)

Nous venons d'apprendre le décès du grand comédien français Claude Giraud. Ancien sociétaire de la Comédie-Française, certains se souviendront de lui pour le rôle de Philippe de Plessis-Bellière dans les Angélique ou encore pour celui de Slimane dans Les Aventures de Rabbi Jacob.

Grande voix du doublage, il a suivi Robert Redford et Tommy Lee Jones dans la plupart de leurs films, mais aussi Elvis Presley dans Charro (1969), Warren Beatty dans Dollars (1971), Paul Newman dans Les Indésirables (1972), John Philip Law dans Le Voyage fantastique de Sinbad (1975), Giuliano Gemma dans L'Affaire Mori (1977), Harrison Ford dans Les Aventuriers de l'Arche perdue (1981; choisi et dirigé par Marc Cassot), Mel Gibson dans Le Bounty (1984, choisi et dirigé par Jacques Thébault), Sean Connery dans Le Nom de la Rose (1986), Tom Selleck dans Mr Quigley l'Australien (1990), Liam Neeson dans La Liste de Schindler (1994), Roger Moore dans Le Grand tournoi (1996), Patrick Stewart dans les films de Star Trek (à partir de 1996), Alan Rickman dans les Harry Potter (A partir de 2001; choisi et dirigé par Jenny Gérard) et à la télévision, David Birney dans la série Serpico (1976), Stacy Keach dans L'Amour en héritage (1984), Richard Chamberlain dans Shogun (1988), Pierce Brosnan dans Le tour du monde en 80 jours (1989) ou encore le personnage d'Ulysse dans le célèbre dessin-animé Ulysse 31.

Claude Giraud était un homme talentueux et discret que nous avions eu la chance de rencontrer et d'interviewer sur le doublage d'un des derniers Harry Potter. Il s'était retiré du métier il y a quelques années pour des raisons de santé.

Nous présentons nos sincères condoléances à ses enfants et à ses proches.

(Remerciements à Olivier Boisson et à Michèle André)

(c) La Gazette du doublage - 2020

mardi 3 novembre 2020

Les voix françaises de Sean Connery



Alors qu'il vient juste de nous quitter à l'âge de 90 ans, il est intéressant de se souvenir des comédiens français qui ont prêté leur voix à Sean Connery, un des acteurs majeurs depuis les années 60.

Connery a commencé sa carrière en tournant quelques seconds rôles dans des productions anglo-saxonnes. L’année 1962 est une étape importante pour lui puisqu’il va obtenir ses galons de star grâce au personnage de James Bond et, par la suite, tourner avec de grands réalisateurs. Ce nouveau statut va lui permettre d’avoir deux voix françaises quasi habituelles qui vont s’entremêler selon les films : celles des comédiens Jean-Pierre Duclos et Jean-Claude Michel.

Né en Suisse en 1931, Jean-Pierre Duclos est choisi sur essais pour le doubler dans James Bond contre Docteur No. Il va lui prêter sa voix suave pour tous les autres Bond des années 60, jusqu’aux Diamants sont éternels (1971). Il le doublera aussi dans La Femme de Paille (1964).
J-.P. Duclos a commencé le doublage vers 1955 avec la série des Sissi dans laquelle il prêtait sa voix à Karl-Heinz Böhm. Notre ami comédien a été aussi le spécialiste du doublage des espions du cinéma des années 60 (OSS 117, Flint…). Il a aussi souvent doublé James Coburn, notamment dans La grande évasion (1963) et Il était une fois la révolution (1972). C’est à cette époque que Jean-Pierre Duclos a tourné le dos au doublage et s’est orienté vers une autre profession.

Jean-Claude Michel est né à Paris en 1925. Il a prêté sa voix belle voix virile à Connery dans la plupart des films « non-Bondiens » des années 60 : Pas de printemps pour Marnie (1964), La colline des hommes perdus (1965), L’homme à la tête fêlée (1966)… Il a, tout de même, doublé George Lazenby dans Au service secret de sa majesté (1969), le seul James Bond que l’acteur australien ait tourné.
Après l’arrêt de Jean-Pierre Duclos, J-.C. Michel devient la voix habituelle de Connery. On l’entendra dans Le gang Anderson (1971), Zardoz (1974), L’homme qui voulut être roi (1975), Outland (1981), Jamais plus jamais (1983), Highlander (1985), Indiana Jones et la dernière croisade (1989), Rock (1996)… jusqu’à Haute Voltige en 1999, date à laquelle il nous a, hélas, quittés. Jean-Claude Michel a débuté au théâtre après la guerre. Au début des années 50, il s’est orienté presque exclusivement vers la synchronisation des films. Pendant près d’un demi-siècle, il a doublé les plus grandes stars du cinéma : Richard Burton, Tony Curtis, Clint Eastwood, Charlton Heston, Leslie Nielsen…

A part les deux principaux interprètes de doublage ci-dessus, d’autres comédiens ont aussi doublé ponctuellement Sean Connery selon l’époque, le genre de rôle, le choix du réalisateur ou du distributeur de ses films en France : Roland Ménard dans Je pleure mon amour (1958), Jean Martinelli dans La plus grande aventure de Tarzan (1959), Henry Djanik dans Le jour le plus long (1962), Sady Rebbot dans Le crime de l’Orient-Express (1974), Pierre Hatet dans Un pont trop loin (1976), Claude Giraud dans Le nom de la Rose (1986), le belge Léon Dony dans Un anglais sous les tropiques (1993), Juste cause (1995) et Lancelot (1995), Georges Berthomieu dans La carte du cœur (1998) et Bernard Dhéran dans La grande attaque du train d’or (1979), A la rencontre de Forrester (2000) et La ligue des gentlemen extraordinaires (2003)…

(c) La Gazette du doublage - 2020