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Dans le cadre de la rétrospective Gérard Blain, durant laquelle
seront projeté les films Les Amis, Le Pélican, Un Enfant
dans la foule , Un Second souffle , Le Rebelle , Pierre et
Djemila, Jusqu’au bout de la nuit et Ainsi soit-il
, Bernard Payen, rédacteur
en chef d’Objectif cinéma animera un débat avec Anicée Alvina
et Jean-Pierre Stora (sous réserve), le 2 novembre 2004 à
21h20 , au cinéma le Champo.
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Le public avait aimé Gérard Blain comme acteur, à l’époque
de La Nouvelle Vague, chez Truffaut (Les Mistons),
Godard (Charlotte et son jules), surtout chez Chabrol
(Le Beau Serge, Les Cousins où il était sublime). Le
public l’avait aussi déjà remarqué chez Duvivier (Voici
le temps des assassins), puis suivi dans Le Bossu
de Rome de Carlo Lizzani qui fut un immense succès,
ou encore chez Howard Hawks (Hatari !)
et l’avait comparé à James Dean.
Mais sa carrière d’acteur ne le satisfaisait pas. Il se met
à écrire des scénarios originaux, se penche sur son passé,
celle de son enfance, de son adolescence, douloureuse et déchirante,
celui d’un gosse mal aimé. Les films de Gérard Blain sont
modernes et universels ; ils expriment des sentiments
et mettent en scène des situations simples, presque élémentaires :
la quête d’un père pour son fils, l’enfance déchirée en mal
d’amour ou les amours impossibles. Gérard Blain est un tragédien
classique et exigeant qui filme avec élégance et précision,
sans effet. Utopiste et excessif, en pensées et en paroles,
il pratiquait paradoxalement son art avec la plus grande retenue.
Un cinématographe dépouillé, épuré, sublimé situé dans le
sillage de ceux qu’il admirait Carl-Theodor Dreyer, Yasujiro
Ozu, Jacques Tati et Robert Bresson. avec
toujours un appel à plus de tolérance et d’amour. Malgré
son caractère parfois emporté qui a pu brouiller son image
et la réception de son œuvre, Gérard Blain fut comparé à Robert
Bresson dès son premier film Les Amis (1971) et fut,
tout au long de sa carrière, loué et reconnu par la critique
pour son talent.
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1971 Les Amis avec Philippe March, Yann Fabre,
Jean-Claude Dauphin
1973 Le Pélican avec Gérard Blain, Daniel Sarky,
César Chauveau
1975 Un Enfant dans la foule avec César Chauveau,
Jean-François Cimino
1977 Un Second souffle avec R. Stack, A. Alvina,
S. Desmarets
1980 Le Rebelle avec Patrick Norbert, Michel Subor,
Nathalie Rosais….
1987 Pierre et Djemila avec Jean-Pierre André, Nadja
Reski, Abdel Kader…
1995 Jusqu’au bout de la nuit avec Gérard Blain,
Anicée Alvina, Gamil Ratib
1999 Ainsi soit-il avec Paul Blain, Michel Subor,
Anicée Alvina, Claude Cernay
1983 Michel Tournier 57mn cl documentaire, collection
« Témoins » FR3
1993 La Fortune de Gaspard 90mn cl fiction ; adaptation
et dialogues : Gérard Blain, Michèle Delagneau
et Michel Tournier d’après le roman de la Comtesse
de Ségur
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Gérard Blain aura été
l’homme de deux carrières mémorables. A l’issue
de la première, composée d’une soixantaine de films
en tant qu’acteur, il est resté et restera dans
les mémoires comme Le Beau Serge, film emblématique
et mythique de la Nouvelle Vague, réalisé en 1958
par Claude Chabrol. Et au terme de la seconde,
celle « d’auteurs de films » - ainsi qu’il
aimait se définir lui-même - les cinéphiles ont
retenu Le Pélican, son chef d’œuvre tourné
en 1973, Les Amis, son scénario le plus
osé, Un Enfant dans la foule, son plus personnel,
Pierre et Djemila, son plus radical, Le
Rebelle pour la férocité quasi désespérée de
son engagement idéologique, Ainsi soit-il
pour son extrême beauté épurée …L’œuvre est très
homogène, chaque film renvoyant thématiquement l’un
à l’autre, de manière continue ou discontinue (Un
Enfant dans la foule précède biographiquement
Les Amis et se prolonge dans Le Pélican,
Un Second souffle annonce philosophiquement
Ainsi soit-il, Le Rebelle conduit
idéologiquement à Jusqu’au bout de la nuit
et Pierre et Djemila ancre ses inextricables
racines dans l’œuvre entière). Encensé par la critique
pour la plupart de ses films, Gérard Blain est un
cinéaste trop méconnu. C’est pourquoi cette première
Intégrale, en salle de cinéma, de tous les films
qu’il a réalisés permettra enfin de (re)découvrir
un homme au tempérament à la fois pudique et excessif
dont l’oeuvre entière s’articule autour de thèmes
populaires et universels. Michel Cieutat
(auteur du livre Le Cinématographe selon Gérard
Blain aux Editions Dreamland, critique à Positif
et à Cinémation, enseignant à l’Université Marc
Bloch de Strasbourg)
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Cinéma Le Champo
51, rue des Ecoles
75005 Paris
M° : Odéon
Tél : 01 43 54 51 60
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