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DANIEL SZUSTER
Directeur de production
Entretien réalisé
Par Chloé CHAMBARRET


Daniel Szuster est directeur de production. Il a collaboré, entre autre, aux films L'Insoutenable légèreté de l'être, Frantic, Lune de Fiel, La Double vie de Véronique, La Cité des enfants perdus, En Avoir ou pas...


Objectif Cinéma : Quand vous embauchez un directeur de la photographie ou un chef décorateur, êtes-vous parfois obligé de privilégier l'aspect économique par rapport à la qualité artistique d'un technicien ?

Daniel Szuster : Bien sûr. Il faut que les coûts inhérents à un département particulier soient proportionnels au budget du film. Certes on prend en compte les souhaits du metteur en scène de travailler avec untel ou untel. On se renseigne pour se faire une idée des habitudes de travail et des exigences du technicien en question. Par exemple, s'il s'agit d'un directeur de la photo, il faut définir quelle quantité de matériel il utilise et de combien d'assistants il s'entoure habituellement, s'il prend ou pas beaucoup de temps pour préparer un nouvel éclairage, etc. Au final, il faut savoir refuser d'embaucher un technicien qui ne serait pas capable de travailler dans les limites du budget.

En outre, il faut tenir compte des modes qui font que parfois l'on voit débarquer des techniciens étrangers que les productions doivent héberger et défrayer, alors que nous avons en France des techniciens très compétents qui sont au chômage.


Objectif Cinéma (c) D.R.

Objectif Cinéma : Est-ce légal de demander à des techniciens de travailler en dessous du minimum syndical ?

Daniel Szuster : Je n'ai jamais demandé à un technicien de travailler en dessous du minimum syndical, pour des raisons d'éthique personnelle. Mais il arrive parfois que certaines productions abusent de la situation de crise que l'industrie traverse en ce moment, et malheureusement nombreux techniciens acceptent ce genre de sacrifice. L' UPSA, qui est le principal syndicat de producteurs, n'a jamais signé la convention collective définissant les minimums syndicaux. Aussi certains producteurs ne se sentent-ils pas pas légalement tenus de la respecter.