"Nous ne pouvons rendre nos
yeux meilleurs qu'ils n'ont été faits,
mais la caméra, elle, peut-être indéfiniment
perfectionnée"
Dziga Vertov
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"Snake eyes", de Brian De Palma (1998)
- < 45'50 - 49'45 Surveillance et chassé-croisé
- < 1'05'35 - 1'06'20 Le flash-back accèléré
- < 1'06'20 - 1'08'00 Dans l'oeil-caméra
"Casino", de Martin Scorsese (1996)
- < 20'20 - 21'00 Pouvoirs oculaires
- < 21'20 - 23'40 Des yeux à l'écran / l'image
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"Pour Brian De Palma, il faut toujours accéder
à une intériorité de l'image, mettre
à jour son anatomie". Son avant-dernier film, Snake
eyes perfore l'image et la travaille sous ses différents
angles de vues.
Trois questions posées en filigranes sur le support
de l'image se résolvent par l'analyse de plusieurs
scènes : "d'où viennent-elles [les images] (leur
source), que font-elles ici (ce qu'elles montrent), où
vont-elles (leur destinataire) ?"
Dans Snake eyes, le policier Richard Santoro doit revoir
la scène initiale, l'assassinat d'un ministre dont
il a été témoin, selon toutes les prises
de vues des caméras de télévision. Il
faudra mettre en lumière son travail sur l'image lorsque
celle-ci acquiert un véritable statut, par le pouvoir
des écrans vidéo De Palma place son personnage
face à l'image : il faudra étudier son recours
à l'image vidéo sans omettre la marque parfois
suggérée ou visible d'un contrechamp permanent.
D'abord, comment Santoro utilise-t-il le support de l'image
? Que lui apporte-t-il ensuite ? La démultiplication
des images nuit-elle à l'unité de la scène
originelle ?
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L'espace diégétique de Snake Eyes, qui
regroupe à la fois une salle de boxe, un casino et
un hôtel s'apparente à un territoire qu'il faudra
arpenter, analyser, détailler. La phrase matrice de
Stéphane du Mesnildot s'applique à plusieurs
scènes de Snake eyes de Brian De Palma ainsi
qu'à deux scènes provenant de "Casino" de Martin
Scorsese. Elle appelle un remontage de l'image, sa retouche
et la reconstitution de la vérité. (Re)modelage
ou (dé)figurage donc intra-image : un travail qui nourrit
l'enquête du policier Richard Santoro, dans Snake
eyes et qui jalonne le dispositif de surveillance du Casino,
le Tangiers de Las Vegas.
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