La troisième
génération, quant à elle, à travers
notamment le regard lent, triste mais digne d’Elia Suleiman,
bien que meurtrie, se drape de l’habit du témoignage.
Elle est témoin du mal et de la souffrance qui la frappe
et annonce de ce fait sa résistance. L’abricotier,
en ce sens, se transfigure en bombe antichar contre l’occupation,
le regard fixe à un feu rouge, dans une logique de
défi, scrute l’ennemi. Cette génération
adulte porte l’espoir d’une façon significative. Elle
croit en l’amour et à la patrie et va même jusqu’à
légitimer un degré de folie à travers
l’amour en le marquant sur des murs et des post-it :
" Je suis fou parce que je t’aime ".
Mais, la femme aimée est plus qu’une femme aimée,
parce qu’elle est aussi patrie et la patrie est résistance.
Images écrites de " Résistances "
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La résistance
peut aisément être une autre instance titulaire
après celle de l’intervention divine et de la chronique
de l’amour et de la douleur. Le film d’Elia Suleiman est résistance(s).
Elle se fait à travers un regard lent, fixe et triste,
porté par un silence plus signifiant que les images
et les mots. Empli d’une dignité qui plie mais ne rompt
pas.
La résistance est à travers la figure allégorique
du personnage de la femme, absolument belle et digne. Qui
est beaucoup plus qu’une femme qui aime, elle est Palestine
tout comme " Marianne " est France.
Du regard, elle rengaine l’arme du colon et transmue le mirador
en château de carte qui ne peut que s’auto détruire
lors de son passage. Elle est au dessus d’un vulgaire check
point qui ne peut l’empêcher de marcher d’un pas assuré
sur sa terre, puisqu’elle est la terre. Cette Palestine
à la beauté magique, d’un regard fait émerger
l’âme corrompue d’un collaborateur qui ne peut soutenir
le sien. Elle survit à la cible, et fort de son pouvoir,
élimine ses assaillants, et certifie à celui
qui la spolie qu’elle peut être une cible en carton,
mais jamais en chair et en os. D’ailleurs, son bouclier est
coupé à la mesure d’une carte, celle d’une Palestine
désormais mythique.
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La résistance
est aussi espoir. Un ballon à l’effigie d’un président
militant, qui a lié sa vie à cette terre - bien
que fragile - n’explose pas, se joue du check point, le laisse
attendre ses ordres et s’en va sur le rocher du dôme
proclamer une revendication majeure. Le Palestinien est d’ailleurs
enfant de Jérusalem, car c’est lui qui, yeux bandés,
montre le chemin à la touriste égarée
et ridiculise l’occupant.
Elia Suleiman fixe en fin du film une marmite qui bouille…depuis
plus d’un demi-siècle dans l’attente d’une intervention...
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2001 Intervention
divine d'Elia Suleiman avec Elia Suleiman, Manal
Khader
2000
Cyber Palestine avec Khader Abou Sway, Serene
Al-Hamayet
1996
Chronique d'une disparition avec Ula Tabari,
Nazirah Suleiman
1990
Introduction à la fin d'un argument d'Elia
Suleiman, Jayce Salloum
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