Objectif
Cinéma : Comment
est née l'idée de réaliser vous-même
ce film après avoir été chef-opérateur
pendant de longues années ?
Yves Angelo : J'avais
l'idée de passer réalisateur depuis longtemps
et d'arrêter la photographie. Etre directeur photo
m'a permis d'accéder à la mise en scène.
Objectif Cinéma : Quel
parti esthétique avez-vous adopté, pour la
lumière par exemple ?
Yves Angelo : Il
n'existe pas trop de parti-pris de lumière, même
dans aucun film. C'est plus un parti-pris de lumière
dans un décor. Il faut toujours parler de la lumière
en fonction d'un décor et non en fonction du film
globalement parce que cela ne veut pas dire grand chose.
Dans le film, le décor de l'étude doit être
gris. Les seules couleurs sont les teintes chair des peaux,
et des fils rouges attachés aux dossiers notariés :
c'est donc un parti-pris dépourvu de couleurs. On
préfère juste tourner par temps gris ces séquences
de fin de film ; par nature, je n'aime pas trop le
soleil de toute façon. J'aime bien les lumières
plombées du temps gris.
Objectif Cinéma : Y
a-t-il une lumière particulière pour les films
historiques ?
Yves Angelo : Non.
On idéalise beaucoup le travail sur la lumière,
parce que cela parait toujours un peu mystérieux,
ou magique parfois, mais en fait c'est très simple.
Il suffit d'aller au bout des options prises initialement,
et les options en elles-mêmes sont très simples.
Elles sont des options de couleur, de lumières de
contraste avant tout. Le reste est affaire de sensibilité
à chaque plan. La conception globale est un bien
grand mot pour un résultat qui ne s'en approche jamais
de toute manière.