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YVES ANGELO
A propos du
Colonel Chabert
Propos recueillis
le 15 Octobre 1993 à Pontpoint
Par Bernard PAYEN
et Julien CHASTANG


Yves Angelo sert le cinéma depuis 20 ans. Après l'école de Vaugirard en 1975, il deviendra successivement assistant sur une vingtaine de films, cadreur pendant deux ans, puis surtout directeur de la photographie des films d'Alain Corneau (Nocturne Indien, Tous les Matins du Monde) ou de Germinal. Avant Un Air Si Pur et Voleur de Vie, il réalisait Le Colonel Chabert Nous l'avions rencontré à cette occasion.


Objectif Cinéma : Comment est née l'idée de réaliser vous-même ce film après avoir été chef-opérateur pendant de longues années ?

Yves Angelo : J'avais l'idée de passer réalisateur depuis longtemps et d'arrêter la photographie. Etre directeur photo m'a permis d'accéder à la mise en scène.

  Objectif Cinéma (c) D.R.

Objectif Cinéma : Quel parti esthétique avez-vous adopté, pour la lumière par exemple ?

Yves Angelo : Il n'existe pas trop de parti-pris de lumière, même dans aucun film. C'est plus un parti-pris de lumière dans un décor. Il faut toujours parler de la lumière en fonction d'un décor et non en fonction du film globalement parce que cela ne veut pas dire grand chose. Dans le film, le décor de l'étude doit être gris. Les seules couleurs sont les teintes chair des peaux, et des fils rouges attachés aux dossiers notariés : c'est donc un parti-pris dépourvu de couleurs. On préfère juste tourner par temps gris ces séquences de fin de film ; par nature, je n'aime pas trop le soleil de toute façon. J'aime bien les lumières plombées du temps gris.


Objectif Cinéma : Y a-t-il une lumière particulière pour les films historiques ?

Yves Angelo : Non. On idéalise beaucoup le travail sur la lumière, parce que cela parait toujours un peu mystérieux, ou magique parfois, mais en fait c'est très simple. Il suffit d'aller au bout des options prises initialement, et les options en elles-mêmes sont très simples. Elles sont des options de couleur, de lumières de contraste avant tout. Le reste est affaire de sensibilité à chaque plan. La conception globale est un bien grand mot pour un résultat qui ne s'en approche jamais de toute manière.