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Versus (c) D.R. RYUHEI KITAMURA
Gerardmer 2001 :
La révélation Kitamura
Entretien réalisé et traduits
à Gérardmer en janvier 2001
Par Fabien ADDA


Ryuhei Kitamura, adorant les films australiens comme Mad Max ou Highlander, quitte à 17 ans le Japon pour l'Australie afin d'y étudier la réalisation. Il y suit des courts en dilettante pendant à peu près deux ans, puis retourne au Japon. Il rencontre alors le producteur Keishiro Shin et forment une équipe de tournage. Ils commencent tout d'abord à faire des films en HI-8 dont l'un Down To Hell avec 3000 $, 6 personnes et 10 jours de tournage. Le résultat étant plutôt convaincant à leurs yeux ils le montre à tous les distributeurs, les producteurs et les réalisateurs japonais. Cela leur permet de pouvoir faire un autre court-métrage plus professionnel, " Heat After Dark " qui est sorti au japon en 1999. Celui ci était plutôt calme, Ryuhei Kitamura désire que le suivant soit plus bruyant et complètement fou. Il développe alors Versus, commencé en Octobre 1999, et qu'il a mis un an à finir. C'est ce film qu'il présente au festival Fantastic'Art de Gérardmer.

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  Ryosuke Watabe (c) D.R.
Deux hommes se sont échappés de prison. Ils ont rendez-vous au cour d'une forêt avec une bande de truands surexcités. Tout le monde attend le mystérieux Leader.
L'attente est longue, la tension monte, les flingues sortent et un des gangsters tombe raide mort abattu d'une balle dans la tête. Cette fois le carnage semble inévitable, toute la bande se met en joue, prête à faire feu. Mais voilà que le cadavre se relève et s'en prend à ses anciens complices. L'horreur commence.

En 1986, Sam Raimi nous offrait un très gore et déjanté Evil Dead 2. Un an plus tard, le néo-zélandais Peter Jackson lâchait un délirant « Bad Taste », devenu culte dans le domaine de l'horreur cartoonesque et ultra-sanglante.Depuis, le cinéma gore a disparu, pulvérisé par des productions minables et sans style, avant d'être récupéré par les néo-polars façon « Le Silence des Agneaux » ou « Seven ». C'est pourquoi, lorsque le festival Fantastic'Art de Gérardmer 2001 annonçait « La Nuit Trash », je m'y rendais sans espérer grand-chose de la programmation. Erreur fatale.

Versus (c) D.R.

Il est un peu plus d'une heure du matin. L'organisateur de la soirée fait monter sur la scène une bande de japonais excités venus présenter leur film « Versus ». Tandis que les acteurs plaisantent ou miment des acrobaties style kung-fu, le réalisateur Ryuhei Kitamura nous prévient que son film amorce un nouveau concept : le « Freefall Ultra-Violence Non-Stop Action Entertainment», que l'on pourrait traduire par du divertissement 100% action & horreur. Je ricane discrètement, tellement blasé et habitué des daubes insipides que je n'attend vraiment rien de ce long-métrage venu du Japon où il a été présenté deux fois avant d'arriver ici à Gérardmer sans que personne ailleurs ne l'ai jamais vu. La salle s'éteint, il ne faut pas moins de cinq minutes au film pour démarrer.

Et là, c'est la claque dans la gueule, la surprise à laquelle je ne croyais plus, l'oeuvre que j'ai toujours espéré voir un jour sans jamais oser véritablement l'attendre.