La gazette du doublage :
Avez-vous suivi des cours de comédie
?
Emmanuel Karsen : Non,
je suis issu d’une famille d’acteurs, mon oncle et parrain
était Patrick Dewaere ! On m’avait mis dans ce métier, quand
j’étais gamin, sans vraiment demander mon avis. Par exemple,
j’avais cinq ans quand j’ai joué dans la pièce de théâtre
La mort des fantômes en 1969. J’ai été à la Comédie
Française à onze ans et j’ai surtout fait une tournée de deux
ans et demi pour le spectacle Le Charimari entre 1981-1983.
J’ai complètement arrêté d’être comédien, quand j’ai eu l’âge
de comprendre que c’était un métier, je voulais avoir mon
propre choix d’existence, alors j’ai fui ce métier d’acteur.
Je suis parti sur la route avec mon groupe de rock n’roll
et je me suis bien éclaté. Enfin, je n’ai pas gagné ma vie,
donc, je suis revenu sur des tournages. De toute façon, j’aime
toujours jouer dans les films dès qu’on me propose un rôle,
par contre, j’ai arrêté le théâtre, dans cette continuité,
j’ai développé le doublage. Voilà ! Je n’ai jamais étudié
dans des classes, parce que mon cours, c’est la rue...
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La gazette du doublage :
Vous avez aussi tourné en anglais les deux épisodes Terminal
One & Two d’Highlander (1994) !
Emmanuel Karsen : Ah !
C’était vraiment génial parce que j’avais le rôle du psychopathe
Nino. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs de tournage à
Paris, j’ai tourné en américain et je me suis post-synchronisé
en français. Pour la petite histoire, les Américains m’ont
redoublé dans leur langue, je n’avais pas réussi à avoir leur
manière de parler, mais ils sont comme ça les Américains.
Ils auraient dû me le dire, j’aurais moins travaillé l’anglais.
La gazette du doublage :
Ça doit être étonnant de se post-synchroniser
quand on est dans le métier ?
Emmanuel Karsen : C’est
un peu comme ça que j’ai démarré le doublage, enfin pas vraiment,
j’en avais fait avant quand j’étais jeune vers mes dix/onze
ans pour des sociétés, mais j’avais laissé tomber. Un jour,
j’ai tourné un téléfilm allemand Laura et Luis (1987)
de Franck Strucker et je suis venu me post-synchroniser et
le responsable du doublage de ce film - et moi je frimais
parce que je faisais un rocker à l’écran - me dit à la fin
de l’enregistrement si j’étais intéressé par le doublage !
Je me suis dis "Pourquoi pas !" et j’ai voulu savoir
son nom naturellement. Et c’était Jean-Pierre Dorat ! J’avais
entendu parler de lui dans ma famille parce qu’ils ont tous
travaillés dans le doublage. Il m’a appris que la synchro,
c’est dans les yeux, ensuite, c’est basé sur l’humilité et
l’anonymat ! Maintenant, je n’ai presque plus travaillé avec
lui pour quelques raisons relationnelles, le dernier film
était L’armée des 12 singes (1995). C’est dommage,
ça reste un ami et c’est un directeur d’une grande finesse
sur le plateau.
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