Objectif Cinéma :
Dans votre documentaire, les séquences d’interview, tradition
du genre, sont particulièrement soignées, avec un soin particulier
apporté à l’arrière-plan ?
Andrea Schuler :
Les arrière-plans n’étaient pas mis en scène. Ils existaient
déjà dans cette disposition-là, mais en jouant sur la lumière
nous les avons rendus plus denses. La lumière était pour nous
quelque chose de très important, elle devait permettre de
mettre en valeur les tatouages. On filmait en lieux clos pour
pouvoir mieux la contrôler.
Objectif Cinéma :
Flammend Herz
est votre premier film. Qu’est-ce qui a été le plus difficile
pour vous dans cette aventure ?
Andrea Schuler :
La production. Personne ne voulait mettre de l’argent sur
ce film. Les producteurs trouvaient le sujet trop particulier,
pas assez fédérateur. Ils pensaient notamment que les jeunes
ne s’y intéresseraient pas, puisque l’histoire est basée
sur des vieux. Mais nous avons réussi à trouver une productrice
intéressée dès le départ, et à obtenir une co-production
avec la ZDF. Résultat : le film s’est tourné dans des
conditions un peu délicates, comme un film d’amateur, avec
une toute petite équipe de cinq, six personnes sur dix-huit
jours, avec l’impossibilité de faire ne serait-ce qu’un
jour de plus. On a aussi beaucoup hésité pour savoir si
l’on tournait en béta ou en dv afin de réduire les coûts,
mais pour des questions esthétiques on a préféré la vidéo.
Et, sur tout le processus de post-production, cette faiblesse
financière s’est confirmée, nous posant de grosses difficultés
pour terminer le film.