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Sam, je suis Sam (c) D.R.

La gazette du doublage : Le titre du dossier ‘Portrait’ aurait pu être Sean, je suis Karsen (rires) !

Emmanuel Karsen : Avec le rapport qu’il a avec sa petite fille, le film m’a vraiment touché parce que dans la période de ce doublage, ma fille est née ! Enfin, au niveau de l’émotion, j’ai eu du mal avec la scène du tribunal quand il se met à pleurer. Mes larmes ne pouvaient pas sortir, comme je ne voulais pas tricher, j’ai pensé très fort à mon père qui est mort un an auparavant et qu’il n’a pas connu ma fille. Vous voyez, on peut se faire du mal pour trouver l’émotion, c’est pour cette raison que le doublage, c’est difficile. Si j’avais tourné ce film, j’aurais ressenti la même chose. J’ai fait cette boucle en une seule prise. La seule différence, c’est qu’on ne me voit pas à l’écran et que je suis au service d’un acteur qui a déjà tourné et j’ai été obligé d’être dans son rythme. Par contre, avec le système du dvd, on a encore moins droit à l’erreur parce que le spectateur peut passer de la V.O. à la V.F. sans problème, il peut tout contrôler. C’est terrible pour nous !


La gazette du doublage : Aussi, pour l’exploitation vidéo, je pense que les cartons de doublage devraient être présents en indiquant vos noms en face des rôles !

Emmanuel Karsen : Oui, c’est vraiment un autre problème ! Encore une fois, après le générique de Sam je suis Sam, nos noms ne sont même pas marqués ! Vous ne croyez pas que c’est un scandale ! Il est juste affiché que le doublage a été enregistré chez Dubbing Brothers. C’est vraiment un manque de considération, à la limite, ce n’est pas grave que je ne suis pas crédité sur les autres films, mais sur ce film, j’aurais bien aimé. Je me suis mis en danger pour ce doublage parce que j’aurais pu être vraiment ridicule ! C’est une honte de ne pas mettre au moins Emmanuelle Bondeville pour Michelle Pfeiffer et la jeune comédienne pour l’étonnante Dakota Fanning ! D’ailleurs, il y a eu une équipe de tournage sur le plateau de Sam je suis Sam, ils m’ont interviewé dans la cours de Dubbing Brothers. A ce moment-là, Ludivine Sagnier sort des studios, je lui dresse un bonjour ! En plaisantant, je dis au caméraman d’arrêter de me filmer, et qu’il devrait sur le champ braquer sa caméra sur Ludivine parce qu’au moins c’est une vraie star de cinéma (rires) !

  Ludivine Saigner(c) D.R.

La gazette du doublage : Dans Léon, elle double très bien Natalie Portman !

Emmanuel Karsen : Tiens, j’ai une petite anecdote sur Léon, j’ai failli doubler Gary Oldman ! Luc Besson a vraiment hésité pendant une demi-heure entre mon oncle et moi, j’étais content qu’il le prenne parce qu’il avait l’âge et il correspondait mieux au personnage. Besson m’a donné un autre assez déjanté dans la bande d’Oldman. Dominique est très doué, je l’admire et il m’a donné envie de faire du doublage. Je considère ce métier comme si on le jouait devant une caméra. Quand l’acteur à un chewing-gum dans la bouche, on prend un bout de papier ou un bout de pop corn pour être crédible. Autre exemple, quand on double une scène au téléphone, il faut faire le geste comme si on était au téléphone et non être debout face à l’écran. On n’a pas le même ton, il faut le truc en plus !


La gazette du doublage : Bien que Génération Series et Animeland dressent un portrait de vos collègues à travers des récurrents, et Science-Fiction Magazine pour les films SF, est-ce normal qu’un magazine spécialisé n’existe pas encore ?

Emmanuel Karsen : C’est clair, ce n’est pas normal ! Mais à un an près, vous auriez pu avoir Marc de Georgi mais il est décédé cette année ! J’avais vu tous les épisodes de Kung Fu avec David Carradine et je l’adorais dans L’homme qui tombe à pic sur Lee Majors, il a marqué ma jeunesse. J’ai pu le rencontrer, la première fois que je l’ai entendu parler, j’ai été très surpris ! Il avait une sacrée dimension et une voix assez calme ! Autre exemple, merci Monsieur Serge Sauvion, il s’est vraiment donné sur Columbo !